Les européennes en ligne de mire

[© Frederic Sierakowski / Isop / SIPA]

Les partis politiques préparent le scrutin de mai, qui s’annonce crucial, chacun ayant autant à perdre qu’à gagner.

Le compte à rebours est lancé. A moins de huit mois des élections européennes, les principaux partis politiques s’organisent pour tenter de tirer leur épingle du jeu. Entre bureaux nationaux et réunions informelles, en passant par les interventions médiatiques, chacun fourbit ses armes. Ce mardi soir, c’est le Parti socialiste qui devait dévoiler la version définitive de son programme.

Alors que la forte abstention est une constante des européennes (56 % en 2014) – de même que la difficulté de les incarner –, le scrutin du 26 mai, le premier en France depuis un an et demi, s’avère plus que jamais décisif pour l’ensemble des formations politiques, dont certaines jouent leur survie.

LREM en pole position dans un scrutin test

«Je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère, incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre», a récemment déclaré au JDD le chef de l’Etat, qui se veut un rempart contre les «nationalistes». Les européennes feront office de test pour le parti présidentiel, les électeurs mécontents de sa politique risquant de le sanctionner dans les urnes.

Toujours en tête des intentions de vote (21,5 %, selon un récent sondage Odoxa), LREM a donné le coup d’envoi de sa campagne, il y a quelques jours, en lançant un appel à candidatures ouvert à tous. Principal défi : choisir une tête de liste d’envergure, capable de rassembler, mais qui n’éclipse pas pour autant le patron du parti.

Le RN prêt à surfer sur la vague nationaliste

Le Rassemblement national entend confirmer son statut d’opposant numéro un aux «mondialistes» que représenterait Emmanuel Macron. Avec 21 % d’intentions de vote, le parti talonne en effet LREM, preuve qu’il aurait encore «de beaux jours devant lui», selon sa présidente, Marine Le Pen.

Le FN rebaptisé pourra, en outre, compter sur le succès des nationalistes en Italie, en Hongrie ou encore en Autriche. Reste que les difficultés financières et les déboires judiciaires du parti d’extrême droite pourraient faire obstacle à ses ambitions.

LR à la reconquête des électeurs sur fond d’euroscepticisme

«On ne sera pas au top pour ces élections, on est encore trop convalescents», a reconnu Laurent Wauquiez début septembre. Le président des Républicains, à la peine depuis leur défaite à la présidentielle, va tenter de convaincre autour d’un discours critique de l’Europe (anti-immigration, anti-Schengen, anti-élargissement...). Quitte, à l’avenir, à négocier – au grand dam de plusieurs cadres LR – avec des nationalistes, comme le Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Crédité de 14 % des voix, le parti risque toutefois de se heurter à la concurrence du mouvement de centre-droit Agir qui, fondé par des «constructifs» de LR (tels le député Franck Riester) autour du credo «pro-Européen, libéral et humaniste», pourrait présenter sa propre liste.

LFI à la manœuvre contre le gouvernement

«Les européennes sont l’occasion d’imposer à Macron un sévère revers électoral», a expliqué hier Manuel Bompard, possible tête de liste de La France insoumise (12,5 % des suffrages). Refusant de «faire de l’immigration la question centrale», son leader, Jean-Luc Mélenchon, espère en effet transformer le scrutin en référendum contre les politiques de l’exécutif. C’est donc un discours anti-libéral qui devrait prévaloir.

La question des alliances pourrait aussi se poser, après le récent appel de Ian Brossat, tête de liste du PCF, à rassembler la gauche (hors PS) «autour d’une table».

Le PS au combat pour redevenir audible

Déboussolé par la présidentielle, le Parti socialiste, crédité de 5 % des intentions de vote, compte se relever en mobilisant les électeurs autour de «combats communs» et, surtout, en donnant plus de gages à la gauche. «Bâtir des convergences plutôt que des alliances artificielles», tel est l’objectif de son premier secrétaire, Olivier Faure.

Une mission qui s’annonce périlleuse, alors qu’aucune figure de proue ne se démarque pour l’heure, et que l’aile gauche du PS a décidé, mardi, de soumettre au vote des militants son propre texte – une première étape avant une sécession ?

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