L'électrosensibilité reconnue pour la première fois comme accident du travail

Les ondes téléphoniques et wifi seraient à l'origine de ce mal. Les ondes téléphoniques et wifi seraient à l'origine de ce mal. [© OSEP LAGO / AFP]

Une première en France. Un homme diagnostiqué électrosensible a été reconnu victime d'un accident du travail en raison de son intolérance aux ondes électromagnétiques par le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) des Yvelines, a-t-on appris mardi.

Ce technicien d'une entreprise de télécommunications avait été victime d'un malaise en novembre 2013 sur son lieu de travail. Selon son avocat, François Lafforgue, il était diagnostiqué électrosensible depuis 2011, mais avait été maintenu au même poste en dépit des préconisations de la médecine du travail, qui préconisait sa mutation sur «un poste peu exposé aux ondes électromagnétiques».

Dans sa décision rendue le 27 septembre, le Tass estime que «l'existence d'une cause étrangère exclusive de cet accident n'est pas rapportée» et qu'il pouvait être imputé au travail. Il a donc condamné la Caisse primaire d'assurance maladie à verser 1.600 euros au demandeur, ainsi que 2.000 euros au titre des frais de justice.

Une brèche ouverte pour d'autres victimes

Une première expertise médicale avait conclu à un malaise d'origine «psychiatrique» provoqué par des «troubles anxieux», sans rapport avec l'environnement au travail. Mais un second rapport, rédigé par un autre médecin, a avancé que «les signes présentés lors de ce malaise pourraient être compatibles avec un malaise par hypersensibilité aux ondes électromagnétique», assurant qu'on ne pouvait exclure «tout lien de causalité entre le malaise et le travail».

C'est «une première judiciaire française qui ouvre une brèche pour d'autres victimes électrosensibles», a salué la défense, qui est également l'avocat de l'association Priartem (Pour une réglementation des antennes relais de téléphonie mobile). «Une fois de plus, la justice est en avance sur le politique et le législatif», a de son côté réagi Sophie Pelletier, présidente de Priartem.

L'électrosensibilité n'est pas officiellement reconnue comme maladie en France. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a cependant reconnu en 2005 qu'elle était «caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d'un individu à l'autre».

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