Procès Pastor : Janowski reconnu coupable de tous les faits et condamné à la perpétuité

Croquis d'audience de Wojciech Janowski, le 17 septembre 2018 aux assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence [Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives] Croquis d'audience de Wojciech Janowski, le 17 septembre 2018 aux assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. [Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives]

Wojciech Janowski a été condamné à la perpétuité pour avoir commandité l'assassinat de sa belle-mère, la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur.

Samine Said Ahmed et Al Haïr Hamadi, tireur et guetteur et recruteur du guet-apens organisé à Nice en mai 2014, ont eux aussi été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Le coach sportif de Wojciech Janowski, que ce dernier avait chargé d'organiser l'exécution, a quant à lui été condamné à 30 ans de réclusion.

Des excuses présentées

Au dernier jour du procès Pastor, Wojciech Janowski a présenté mercredi «ses excuses» à sa compagne et ses enfants, au lendemain de la plaidoirie de ses avocats qui ont reconnu pour lui qu'il avait bien commandité l'assassinat de sa belle-mère, la milliardaire monégasque Hélène Pastor.

«Je n'ai rien à ajouter, j'exprime mes excuses à Sylvia (Ratkowski, la fille d'Hélène Pastor) et à mes enfants», a simplement déclaré l'ex-consul honoraire de Pologne à Monaco, quelques instants avant que les jurés de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône ne se retirent pour délibérer.

Coupable

Mardi, ses avocats Eric Dupond-Moretti et Luc Febbraro avaient concédé que leur client --qui n'a finalement jamais directement avoué durant toute la durée des débats-- était coupable d'avoir commandité l'assassinat d'Hélène Pastor, mais pas celui de son chauffeur Mohamed Darwich. Effondré mardi dans le box quand Me Dupond-Moretti le déclarait «coupable d'avoir commandité l'assassinat d'Hélène Pastor», M. Janowski a relevé la tête mercredi, regardant Sylvia pour lui exprimer ses excuses.

Il n'a pas eu un mot en revanche pour Mohamed Darwich, qu'il nie toujours avoir voulu tuer, ni pour Gildo, le frère de Sylvia, sur lequel il avait tenté de faire porter les soupçons, dans un premier temps, avant d'accuser son ex-coach Pascal Dauriac d'avoir été l'organisateur et le commanditaire des meurtres. «Cela aurait pu être bien de reconnaître de sa voix son implication. Rien n'est sorti de sa bouche concernant les faits qu'il a commis», a regretté l'avocat de Gildo Pastor, Me Thomas Giocardi.

Durant les cinq semaines du procès, qui a démarré le 17 septembre, M. Janowski a toujours nié être le commanditaire des meurtres d'Hélène Pastor et de son chauffeur, tombés dans un guet-apens le 6 mai 2014 alors qu'ils quittaient, en voiture, un hôpital niçois.

Défense ébranlée

«Je ne suis pas le commanditaire, je n'ai rien fait», avait-il lancé avec aplomb à plusieurs reprises. Une seule fois, alors en garde à vue, en juin 2014, le gendre de la milliardaire avait reconnu avoir été l'instigateur du guet-apens avant de se rétracter et d'assurer que ces aveux lui avaient été extorqués par des enquêteurs qui l'avaient maltraité. Mais la projection d'une vidéo de sa garde à vue, à l'audience, avait sérieusement ébranlé la défense de l'homme d'affaires polonais, conduisant ses deux avocats à faire volte-face.

Il a agi pour protéger sa compagne Sylvia Ratkowski, la fille d'Hélène Pastor, alors malade et malmenée psychologiquement par sa mère, selon eux. Mais pour l'accusation, qui a requis à son encontre la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté, le mobile est avant tout l'argent. M. Janowski, financièrement au bord du gouffre, voulait s'approprier une partie de l'héritage laissée par Mme Pastor à ses deux enfants.

Mercredi, les neuf autres accusés ont aussi pour la plupart demandé pardon aux deux familles des victimes. «Je voudrais demander pardon à chaque membre de la famille Darwich, à chaque membre de la famille Pastor,» a déclaré Pascal Dauriac, organisateur du guet-apens, et dont les aveux avaient mis en cause l'homme d'affaire polonais dès le début de l'enquête et contre lequel 30 ans de prison ont été requis.

Le tireur présumé Samine Saïd Ahmed, qui a toujours nié avoir été présent sur les lieux alors que les caméras-vidéo témoignent du contraire, a gardé le silence mais le guetteur et recruteur présumé Al Haïr Hamadi a lui aussi demandé «pardon» en minimisant toutefois son rôle : «Il y a quelque chose dont je n'étais pas au courant, j'en veux à certaines personnes». La perpétuité a été requise contre les deux hommes.

Abdelkhader Belkhatir, l'un des intermédiaires, a lui aussi demandé pardon pour avoir «participé malgré lui» au double meurtre. «Jamais je n'ai eu l'intention de faire quelque chose de mauvais par rapport à la loi française», a dit pour sa part Katarzyna Janowska, la nièce de Janowski, qui avait fourni un faux témoignage pour disculper son oncle. Le verdict est attendu dans la journée.

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