Nice : mort d'un jeune homme après son interpellation par des vigiles dans un supermarché

Le jeune homme est mort, vendredi 19 octobre, à l'hôpital Pasteur à Nice.[ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP]

Vendredi, un jeune homme, interpellé pour vol par des vigiles d'un hypermarché Auchan de l'agglomération de Nice (Alpes-Maritimes), est mort à l'hôpital. Une enquête a été ouverte ce samedi.

Elle a été confiée à la brigade de recherches de gendarmerie de Nice, «pour connaître les circonstances de l'interpellation et les violences éventuelles qui ont pu être commises», a précisé le procureur de la République Jean-Michel Prêtre lors d'un point presse. Il a également souligné que la victime, née en 1997, souffrait d'une santé «très dégradée» et d'une «épilepsie très importante».

Quatre vigiles étaient en garde à vue samedi et entendus par la gendarmerie qui a précisé qu'«aucune hypothèse n'était exclue». «Au vu des éléments dont nous disposons, il n'y a eu aucune agressivité ni de la part du jeune homme ni de celle des agents de sécurité», a, de son côté, réagi l'enseigne auprès de l'AFP.

Selon les éléments cités par le procureur, l'individu âgé d'une vingtaine d'années était «plutôt défavorablement connu de la gendarmerie pour des faits de stupéfiants, violences et vols». Vendredi, il avait été surpris en train de transvaser une bouteille d'alcool dans une autre dans le rayon du Auchan de La Trinité, de la vodka selon l'enseigne, avant d'être intercepté par deux vigiles en caisse à 16h46.

«Je veux avoir la vérité de cette affaire»

Amené dans les locaux de la sécurité du magasin, «les images de vidéosurveillance montrent que soudainement il a un comportement qui apparait agressif» et dont «il sera recherché si cela résulte d'une crise d'épilepsie ou des circonstances de l'interpellation», a ajouté Jean-Michel Prêtre. Deux autres vigiles avaient ainsi été appelés en renfort, puis les pompiers ont été prévenus.

Le jeune homme, qui avait été transporté à l'hôpital Pasteur à Nice, est décédé vers 21h00 après avoir fait «plusieurs arrêts cardio-vasculaires». «Il n'est pas décédé dans le magasin, mais à l'hôpital et c'est l'ensemble du parcours et de sa prise en charge qui va être l'objet d'une revue de détail», a précisé le procureur, exprimant «sa compassion» pour la victime et la famille, vivant près de Nice.

Le procureur a assuré que «toutes les investigations possibles et imaginables» seraient exploitées. «Je veux avoir la vérité de cette affaire.» Un premier examen médico-légal a révélé «des traces de violences sur le corps mais pas létales», ainsi que la présence «d'un oedème au niveau du crâne mais dont la cause peut être l'épilepsie».

«L'épilepsie prolongée peut provoquer un oedème intracrânien, mais cela peut être aussi le résultat d'un traumatisme subi pendant l'interpellation», a-t-il poursuivi. Une autopsie sera réalisée prochainement.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles