«Frappé» par la ressemblance entre notre époque et celle de 1930, Macron met en garde l'Europe

Alors qu'il s'apprête à visiter les lieux de batailles de la Première Guerre mondiale pour célébrer le centenaire de l'Armistice, Emmanuel Macron s'est exprimé dans les colonnes du journal Ouest France ce jeudi. Avec un ton grave, le président de la République a alerté contre des dangers qui guettent l'Europe selon lui. 

«Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l'entre-deux-guerres», a-t-il indiqué au média, en marge d'une visite d'une exposition consacrée à Georges Clemenceau, chef du gouvernement français au début du 20e siècle.

Dans cette interview, le président a formulé un véritable avertissement : «Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l'Europe de l'après Première Guerre mondiale à la crise de 1929.»

«Il faut l'avoir en tête, être lucide, savoir comment on y résiste», en «portant la vigueur démocratique et républicaine», a-t-il ajouté.

«La lèpre du nationalisme» et la perte de souveraineté européenne

En particulier, le chef de l'Etat a souhaité mettre en garde contre deux types de menaces qui pèsent sur l'Europe selon lui : «la lèpre du nationalisme» d'un côté incarnée par le dirigeant hongrois Viktor Orban notamment, et la perte de souveraineté, de l'autre, face aux autres puissances que sont la Russie, la Chine et les Etats-Unis.

Sur la perte de souveraineté européenne, Emmanuel Macron alerte, plus concrètement, contre le fait «d'avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements, d'avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les États peuvent prendre».

Une semaine de visites et de célébrations

Emmanuel Macron célèbrera le 100e anniversaire de la fin du premier conflit mondial en se rendant sur les lieux de bataille du Grand Est et des Hauts-de-France dès le 4 novembre prochain, pendant une semaine. Le 11 novembre, une cérémonie à l'Arc de Triomphe réunissant une centaine de dirigeants achèvera les festivités. 

Interrogé sur ces rendez-vous à venir, le président a expliqué qu'il souhaitait «rendre hommage et essayer de comprendre les leçons de cette Histoire», évoquant «un message de célébration, de mémoire et d'avenir» plus qu'un simple regard posé sur l'Histoire. Le président entend promouvoir à cette occasion une Europe «plus souveraine et plus multilatérale».

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