Référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ce dimanche : quels enjeux ?

Nouvelle-Calédonie ou Kanaky ? Dimanche 4 novembre prochain, la Nouvelle-Calédonie organise un référendum sur son indépendance. Les habitants de l'île vont se prononcer et devoir répondre «oui» ou «non» à cette question cruciale.

La Chine et la Suisse intéressées

L’enjeu de cette indépendance est mondial, puisque la Chine se tient prête à faire main basse sur l'archipel français, riche en nickel, une matière première essentielle pour produire les appareils électroniques. L’archipel pointe en effet au 6e rang des producteurs mondiaux avec près de 210 millions de tonnes extraites chaque année, détenant ainsi 20% des réserves mondiales de ce minerai. La Suisse est elle aussi intéressée par ce nickel calédonien, notamment la multinationale zougoise Glencore, qui est liée à des intérêts locaux proches des mouvements indépendantistes.

Interrogé par Franceinfo, René Gagnolet, médecin à la retraite, estime qu’il ne faut surtout pas quitter la France. «Cette consultation va aiguiser les appétits de certains et il va y avoir des conflits entre eux, entre les blancs et les autres ethnies et c'est dommage», déplore-t-il.

Un PIB intact

D’un point de vue économique, la France ne verrait pas son PIB diminuer, assurent Les Echos. En effet, le territoire économique de la France (servant de base au calcul de la richesse nationale) ne comporte, outre la Métropole que les régions ultrapériphériques (RUP) de l’Union européenne (Saint-Martin, Martinique, Guadeloupe, Mayotte, La Réunion et la Guyane), mais pas les pays et territoires d’Outre-mer (Saint-Barthélemy, Saint-Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie). Les richesses calédoniennes ne sont, pour l’heure, pas comptabilisées dans la richesse nationale.

Un espace maritime réduit

La France possède la deuxième zone économique exclusive (ZEE) au monde. Avec 11 millions de km², la France suit de près les Etats Unis et leurs 11,6 millions de km², et devance l’Australie et ses 8,2 millions de km². Avec la perte de la Nouvelle-Calédonie, la ZEE française serait ainsi tronquée de 1.364.000 km², soit de plus de 12 % de sa surface.

Cette perte d’espace maritime est loin d’être négligeable quand on prend en compte les progrès technologiques dans l'exploration du sous-sol océanique notamment dans la recherche d’énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.), expliquent encore Les Echos.

Moins de dépenses pour l'Etat ?

Si la Nouvelle-Calédonie est autonome d’un point de vue fiscal, à savoir qu’elle lève ses propres impôts et taxes à son seul profit, le contribuable français la soutient tout de même. En effet, l’Etat dépense en Nouvelle-Calédonie chaque année un peu plus de 1,3 milliard d’euros pour diverses missions et programmes sociaux et de défiscalisation sur l'île, pour un total d’environ 200 millions d’euros par an, portant l’effort budgétaire annuel à plus de 1,5 milliard d’euros.

Si l’indépendance est votée, l’ancienne Métropole continuera d’accompagner financièrement la Nouvelle-Calédonie durant quelques années. Les économies promises ne se feront donc pas tout de suite sentir.

Un vote à rallonge ?

Jusqu’à présent, tous les sondages donnent vainqueur le «non» à l’indépendance de l’archipel français. Mais selon les accords passés en 1988 et 1998 entre les partis séparatistes et loyalistes, ce référendum peut encore être suivi de deux autres en cas de réponse négative. À l’heure où les sondages donnent le non vainqueur, les partisans de l’indépendance craignent aussi une forte abstention chez les jeunes, la moitié de la population ayant moins de 30 ans sur le Caillou.

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