A Paris, 70% des pharmacies refusent de délivrer des traitements aux ex-toxicomanes

Les anciens consommateurs d'héroïne ne peuvent pas obtenir de Subutex dans 70% des pharmacies parisiennes. [LIONEL BONAVENTURE / AFP]

Une opération test réalisée par l'Association des usagers de drogues (Asud) révèle que la grande majorité des officines de la capitale refusent de délivrer les substituts prescrits aux ex-toxicomanes pour les soigner. 

Impossible pour eux de se procurer leurs doses de méthadone ou de subutex. L'étude publiée par l'Asud montre que 70% des pharmacies ne délivrent pas les médicaments nécessaires au traitement des anciens toxicomanes. 

«Il y avait un trafic de fausses ordonnances», selon un pharmacien qui s'est exprimé dans Le Parisien, sous couvert d'anonymat. Des affiches sont même installées en vitrine pour prévenir de cette particularité. «On était envahis de voyous. On a donc mis ce message, ce qui a permis d'assainir la clientèle. Mais après, on aurait dû l'enlever. C'est vrai que ce maladroit». 

Un traitement essentiel 

D'autant que le refus de vendre ces traitements est parfaitement illégal. Ils permettent aux anciens consommateurs de drogue de ne pas souffrir de manque et donc de ne pas replonger. 

Face à cette pratique, trois plaintes ont été déposées par un centre de soin en addictologie. Martial Fraysse, le président de l'Ordre des pharmaciens d'Ile-de-France, s'apprête à faire la même chose. «Ces pharmaciens vont passer devant le conseil de l'ordre. La sanction tombera en fin d'année. Elle peut aller jusqu'à l'interdiction d'exercer». 

Il affirme également avoir mis en garde les professionnels par le passé. «On leur a envoyé une information générale l'an dernier, ils savent parfaitement quels sont leurs devoirs». Martial Fraysse rappelle d'ailleurs que les pharmacies n'ont «pas à choisir (leurs) clients».

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