Marche blanche à Marseille: «Ma présence aurait pu provoquer des tensions», estime Gaudin

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin donne une conférence de presse, le 8 novembre 2018 [GERARD JULIEN / AFP/Archives] Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin donne une conférence de presse, le 8 novembre 2018 [GERARD JULIEN / AFP/Archives]

«Ma présence peut-être aurait pu provoquer des tensions», a estimé dimanche sur France Info Jean-Claude Gaudin, maire LR de Marseille, pour expliquer son absence à la marche blanche de samedi en hommage aux victimes de l'effondrement de deux immeubles lundi.

«Pour nous, c'est un 11 novembre un peu triste, je suis un authentique marseillais, je partage l'émotion et le chagrin d'une marche blanche pleine de dignité devant un tel drame», a assuré le maire Jean-Claude Gaudin.

«Pourquoi je ne suis pas allé dans cette marche blanche (...) alors que je partage totalement l'émotion?(...) ma présence peut-être aurait pu provoquer des tensions, par conséquent je suis resté dans mon bureau de l'Hôtel de ville», a ajouté M. Gaudin au micro de France Info.

Alors que le journaliste lui demandait s'il regrettait d'avoir invoqué la pluie comme responsable du drame, le maire de Marseille a répondu: «Il est clair que dans ces immeubles très anciens qui s'adossent les uns aux autres (...) les inondations considérables que nous avons eues n'ont rien arrangé».

La marche blanche organisée par les familles et les proches des victimes de la rue d'Aubagne a réuni dans les rues de Marseille 8.000 personnes selon la police, «une marée humaine» selon les organisateurs.

Démarrée dans un silence recueilli, elle s'est achevée dans les cris et les huées sous les balcons de l'Hôtel de ville, les participants demandant la démission de Jean-Claude Gaudin.

À deux pas du défilé, un morceau de balcon est tombé samedi après-midi, faisant 3 blessés légers.

Tout au long de la semaine, les critiques à l'égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR), aux manettes de la ville depuis 23 ans, n'ont cessé de croître. Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40.000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100.000 habitants (Marseille en compte plus de 860.000 selon l'Insee).

Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la catastrophe et d'éventuelles responsabilités.

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