Gilets jaunes : de très nombreux blocages prévus samedi dans toute la France

Plus de 50.000 personnes ont annoncé vouloir bloquer la circulation sur le périphérique parisien.[© SIPA]

Les citoyens en colère contre le prix des carburants veulent se faire entendre par l’Etat, qui espère contenir la grogne.

La France paralysée ? Le mouvement des gilets jaunes l’a promis, le pays pourrait être bloqué durant toute la journée de samedi 17 novembre. Initialement lancée sur les réseaux sociaux contre la hausse des prix du carburant, cette initiative populaire, qui a agrégé autour d’elles les critiques déjà adressées au gouvernement, a grossi au fil des semaines pour prendre aujourd’hui une ampleur inédite. A tel point que la journée s’annonce cruciale pour l’Etat.

Une possible vague nationale

Un simple coup d’œil sur une carte diffusée sur Internet montre le nombre de blocages prévus. On y voit la France recouverte de symboles jaunes, comme autant d’actions annoncées. Aux quatre coins du pays, aussi bien dans les grosses agglomérations que dans les communes plus reculées, des points de mobilisation se sont multipliés. Ainsi, plus de 300 sont répertoriés rien que dans la région d’Avignon, ou 200 à proximité de Rouen.

Plus de 50.000 personnes ont également fait part de leur volonté d’empêcher la circulation sur le périphérique parisien. A chaque fois, les participants expliquent comment cibler les endroits clés à paralyser. Entrées d’autoroutes, ronds-points ou gros carrefours seront ainsi visés. Certains gilets jaunes se sont mêmes entraînés sur des parkings, afin de mettre au point leurs techniques de barrage. Des événements, notamment sportifs, ont d’ailleurs été annulés durant la journée, à l’image des matchs des ligues Normandie et Aquitaine de football.

Difficile, pourtant, de savoir à l’avance l’ampleur réel que prendra la mobilisation, car sa singularité se signale par une absence de leaders désignés, de syndicats associés ou de partis politiques capables de structurer la vague d’actions. Face à ce qui pourrait mettre la France à l’arrêt, le gouvernement a réagi en soufflant le chaud et le froid.

Avec la menace, d’abord, en promettant l’intervention des forces de l’ordre, puis des sanctions, pour chaque blocage. Avec l’accompagnement, ensuite, avec des mesures incitant les Français à sortir de leur dépendance à l’essence. Une politique «du bâton et de la carotte», selon le politologue Philippe Moreau-Chevrolet, que l’exécutif espère capable de démobiliser un maximum de gens.

Nouveau test pour Macron

Ce samedi 17 novembre pourrait donc être un tournant pour Emmanuel Macron. S’il a déjà fait face à la grogne depuis sa prise de pouvoir, comme lors de la grève des agents de la SNCF au printemps dernier, il s’agit pour lui d’un nouveau test.

«C’est une situation inédite dans la Ve République, c’est la première fois que le président est en dialogue direct avec le peuple», explique le politologue, en l’absence des traditionnels corps intermédiaires, servant habituellement de soupapes (syndicats, associations). «Si la mobilisation est là, il peut se retrouver en difficulté», poursuit-il.

Un scénario qui placerait Emmanuel Macron, déjà au plus bas de sa popularité, dans une position inconfortable. Une situation qu’il a déjà tenté de redresser mercredi à la télévision, en avouant ne pas avoir «réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants» et promettant de gouverner «d’une manière différente» à l’avenir.

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