La vague jaune, et après ?

Si les opposants n’ont pas réussi à paralyser le pays, l’ensemble du territoire a été touché par leurs actions. Si les opposants n’ont pas réussi à paralyser le pays, l’ensemble du territoire a été touché par leurs actions. [© CHARLY TRIBALLEAU / AFP]

Alors que près de 300 000 citoyens ont fait entendre leur ras-le-bol, samedi, le gouvernement ne veut rien lâcher.

Et maintenant ? Au lendemain de la mobilisation des «gilets jaunes», qui a rassemblé près de 300 000 personnes à travers toute la France, c’est désormais l’avenir du mouvement qui est au cœur des interrogations. Car, bien qu’entachée d’incidents et endeuillée par la mort accidentelle d’une manifestante, l’opération, organisée en amont sur Internet, et en dehors de tout parti politique ou syndicat, a été un succès.

Barrages filtrants, opérations escargot, blocages de commerces, péages et stations-service… Si les opposants n’ont pas réussi à paralyser le pays, l’ensemble du territoire a été touché par leurs actions. Et la partie n’est pas terminée, promettent-ils.

Vers un mouvement de fond

Que ce soit en Aquitaine, en Dordogne, en Haute-Loire, dans le Vaucluse ou encore l’Eure, plusieurs milliers de manifestants étaient toujours mobilisés, ce dimanche, sur 150 sites (ronds-points, autoroutes, supermarchés…). Certains ont même organisé une opération «parking gratuit» dans le parc d’attractions de Disneyland Paris (Seine-et-Marne). «On est plusieurs à avoir posé des vacances pour continuer», indiquait un opposant sur place.

Sur le site blocage17novembre.com, qui avait recensé toutes les actions de samedi, le message est clair : «Poursuivons le mouvement une semaine.» Pas moins de 26 nouveaux points de blocage (aéroports, raffineries, ports…) y étaient annoncés, ce dimanche, tandis que sur Facebook, un appel à manifester à Paris le samedi 24 novembre devenait viral. Preuve que la fronde, soutenue par 73 % des Français, selon un récent sondage Elabe, pourrait s’inscrire dans la durée.

«C’est en se répétant, à divers endroits et moments, que cette mobilisation pourrait se transformer en mouvement social. Et ainsi espérer changer la donne», affirme Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux, qui fait le parallèle avec les «printemps arabes», nés sur les réseaux sociaux.

Certains «gilets jaunes» espèrent, en outre, que la manifestation des infirmières, mardi, et la grève des fonctionnaires de Pôle Emploi, samedi, permettront d’accentuer la pression sur l’Etat. Car, si la convergence des luttes n’est pas encore d’actualité, c’est bel et bien contre la même politique d’Emmanuel Macron que tous ces opposants décident de descendre dans la rue.

La fermeté du gouvernement

Face à la fronde, l’Etat n’entend pas fléchir, évoquant les compensations annoncées pour le pouvoir d’achat des plus modestes. S’il entend le «ras-le-bol» fiscal, son «devoir» est de rendre l’économie du pays moins dépendante au pétrole, a ainsi plaidé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Reste que la grogne est «dangereuse» car, dès lors qu’il n’y a ni revendication ni interlocuteur officiels, «apaiser la colère par la négociation et le compromis apparaît difficile», selon Stéphane Sirot. Au risque de faire du gilet jaune le symbole anti-Macron jusqu’en 2022 ?

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