Anne Rigail, première femme nommée à la tête d'Air France

Anne Rigail lors d'une conférence de presse à l'occasion du lancement de la ligne Paris-Nairobi, à Nairobi le 26 mars 2018 [Yasuyoshi CHIBA / AFP/Archives] Anne Rigail lors d'une conférence de presse à l'occasion du lancement de la ligne Paris-Nairobi, à Nairobi le 26 mars 2018 [Yasuyoshi CHIBA / AFP/Archives]

Anne Rigail a été nommée mercredi directrice générale d'Air France, devenant la première femme à diriger la compagnie aérienne française, avec la mission d'établir un dialogue social fructueux, notamment avec les pilotes, et d'améliorer la qualité du service.

Jusqu'ici directrice générale adjointe chargée de «l'expérience client», Mme Rigail a été formellement promue mercredi par le conseil d'administration d'Air France et prendra ses nouvelles fonctions le 17 décembre, a précisé l'entreprise dans un communiqué.

La dirigeante, âgée de 49 ans, aura pour mission de mener des négociations sur les salaires, en particulier avec les puissants syndicats de pilotes, dans un contexte toujours tendu après le conflit social du printemps.

Ce conflit dur, marqué par quinze journées de grève pour un coût estimé à 335 millions d'euros, avait conduit au départ brutal du patron d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac, suivi de ceux du directeur général Franck Terner en septembre et du directeur des ressources humaines Gilles Gateau en octobre.

Les syndicats avaient réclamé le départ de ces deux derniers dirigeants, les jugeant responsables de l'échec du dialogue social.

La nomination de Mme Rigail intervient quelques jours après l'élection d'une nouvelle équipe à la tête du SNPL Air France, premier syndicat de pilotes au sein de la compagnie.

Ces changements de personnes pourraient favoriser une relance du dialogue alors que les pilotes (syndicats SNPL et Spaf) réclament une hausse spécifique des salaires après la hausse accordée en octobre à toutes les catégories de personnel. Les discussions butent sur les efforts de productivité réclamés par la direction.

Des négociations sont également en cours avec les hôtesses et stewards et le personnel au sol.

«Pur produit Air France»

«On prend acte de la nomination d'Anne Rigail. Il ne manque plus qu'un DRH et la crise de gouvernance liée aux grèves sera finie», a réagi Christophe Dewatine, secrétaire général de la CFDT Air France, sollicité par l'AFP. Mme Rigail «aura à gagner la confiance des salariés et du management», a-t-il toutefois ajouté.

Elle rendra compte à Benjamin Smith, qui avait assuré l'intérim en plus de ses fonctions à la tête d'Air France-KLM après le départ de M. Terner. L'ancien numéro deux d'Air Canada a pris ses fonctions à la mi-septembre comme directeur général du groupe franco-néerlandais.

«Anne est une grande professionnelle du secteur aérien. Tout au long de sa carrière au sein de la compagnie, elle a toujours (...) placé le client au cœur de toutes ses actions», a commenté M. Smith, selon qui «l'enjeu pour Air France aujourd'hui est (...) de confirmer l'excellence du service» aux clients.

Diplômée de l'Ecole des Mines de Paris, Anne Rigail avait rejoint en 1991 la compagnie aérienne intérieure française Air Inter, qui fusionnera plus tard avec Air France. Elle était jusqu'ici responsable de la définition des produits et services, comme le design des salons Air France dans les aéroports, la configuration des cabines, le déploiement de la connectivité (wifi) dans les avions et la gestion des aléas.

Sa nomination «est une excellente nouvelle car c'est un pur produit Air France, elle a commencé sa carrière à l'exploitation et a gravi tous les échelons avec mérite», a réagi Bernard Garbiso, de la CFE-CGC, premier syndicat de la compagnie, en parlant d'une «personne brillante, travailleuse» et qui «prend en considération les remontées du terrain».

M. Garbiso voit dans ce choix «un message fort (...), elle va peut-être remettre de l'huile dans les rouages pour que notre entreprise puisse travailler un peu plus normalement et que les salariés se sentent plus en confiance».

Une donnée importante alors que Ben Smith doit encore annoncer ses projets stratégiques pour le groupe. En novembre, il avait fait état d'un bénéfice net en hausse de 23% pour Air France-KLM, à un peu plus d'un milliard d'euros, et affiché son ambition de «repositionner le groupe en leader de l'industrie».

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