«Nous entrons dans une routine terroriste», selon François-Bernard Huyghe, chercheur à l'IRIS

Les forces de l'ordre étaient toujours, mercredi soir, à Strasbourg, à la recherche du tueur présumé. Les forces de l'ordre étaient toujours, mercredi soir, à Strasbourg, à la recherche du tueur présumé. [© Sébastien BOZON / AFP]

La fusillade meurtrière survenue mardi soir sur le très populaire marché de Noël de Strasbourg a tragiquement remis la question de la menace terroriste au cœur de l’actualité et des préoccupations.

Un possible attentat jihadiste, analysé par François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), et auteur de «Terrorismes : violence et propagande» (éd. Gallimard, 2011).

Que révèle cette attaque sur l’état de la menace ?

«Nous entrons dans un processus de routine terroriste : à intervalles réguliers, un assaillant prend la décision soudaine de frapper au hasard, par tous les moyens possibles, sans véritable préparation. Ce n’est pas une attaque «sophistiquée», il y a eu une grande part d’improvisation chez le tueur présumé.»

Pourquoi attaquer le marché de Noël de Strasbourg ?

«D’abord, pour la simple raison que c’est la ville où habitait l’assaillant : c’est presque du terrorisme «de voisinage». Mais aussi et surtout parce que frapper un événement réputé dans le monde entier, c’est l’assurance de faire de nombreuses victimes et d’avoir un écho médiatique important, notamment à l’étranger.»

L’arsenal antiterroriste français serait-il insuffisant ?

«Pas forcément. Tout dispositif préventif a des failles, et l’effectif humain n’est jamais parfait. D’autant que le terrorisme actuel est plus imprévisible qu’avant : un loup solitaire est capable de tuer avec un simple couteau, et choisir n’importe quelle cible, n’importe où, n’importe quand. C’est quasi insoluble. Une piste serait d’investir davantage dans le renseignement humain, et qualitatif plutôt que quantitatif.»

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