Grand débat : la moitié des Français n'y croit pas

Le «grand débat» d'Emmanuel Macron peine à convaincre [Michel Euler / POOL / AFP]

Les Français sont pessimistes sur la réalisation des promesses faites par le président, en particulier sur le sens donné au grand débat promis par l'exécutif. C'est en tout cas ce que laisse penser un sondage Harris interactive, révélé ce mercredi. 

Selon cette enquête annuelle, réalisée pour RTL et M6, seul un Français sur deux (50%) estime que le gouvernement tiendra compte des avis donnés lors du grand débat lancé par Emmanuel Macron. Pire encore : pour 47% d'entre eux, il n'en tiendra «pas du tout» compte. 

Cette concertation, promise en réaction à la crise des «gilets jaunes», est présentée comme l'ultime solution à la défiance envers l'executif. Sous la forme de réunions et de manifestations locales, chacun devrait avoir la possibilité d'exprimer son opinion sur quatre grand thèmes (transition écologique, fiscalité et dépenses publiques, démocratie citoyenneté, organisation de l’Etat et des services publics).

Si les modalités de cette consultation à l'échelle nationale restent encore floues, plus de détails devraient être révélés dans la «Lettre aux Français» que le président Macron compte diffuser par la presse et les réseaux sociaux à la mi-janvier.

Si le «grand débat» ne convainc pas, la grande majorité des Français (80%) seraient plutôt prêts à s'impliquer davantage politiquement à travers l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC), plus spécifiquement pour proposer de nouveaux projets de loi. Un outil politique, particulièrement plébiscité dans les cortèges de «gilets jaunes», que beaucoup soutiennent également pour abroger une loi (72%), mettre fin au mandat d'un élu (63%), voire même pour modifier la Constitution (62%). 

De chaque côté de l'éventail politique, les sympathisants du Rassemblement national et de La France Insoumise/PCF sont particulièrement favorables au dispositif. Un avis beaucoup moins représenté chez les macronistes. Ils sont les seuls à considérer majoritairement que le gouvernement tiendra compte de leurs idées. 

Au-delà des promesses, réalisables ou non, l'enquête révèle également que peu de Français croient en la capacité du pouvoir à mener à bien des grands projets de loi. Aujourd'hui, seul un tiers (33%) des 2 000 personnes interrogées ont confiance dans le gouvernement pour conduire la réforme des institutions. Même constat en ce qui concerne les réformes attendues de l'assurance chômage (32%) et des retraites (29%). 

Enfin, moins d'un interrogé sur deux (47%) se dit «optimiste» pour l'année à venir, soit une chute de 12 points par rapport à l'an dernier, contre 51% de «pessimistes».

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