La photo d'un policier portant un masque de tête de mort fait polémique

Parmi les policiers déployés à Toulouse pour l'acte VIII des gilets jaunes, l'un d'eux portait un masque tête de mort. [PASCAL PAVANI / AFP]

Les photos d'un policier arborant un masque de tête de mort, lors de la manifestation des gilets jaunes à Toulouse (Haute-Garonne), samedi 5 janvier, suscite la controverse. 

L'agent en question, habillé par ailleurs en civil, casque sur la tête et brassard de police sur un blouson sombre, participait au dispositif de sécurité mis en place sur la place du Capitole, dans le centre de la ville, comme l'ont montré plusieurs clichés, dont celui du journaliste Vladimir Slonska‑Malvaud.

D'après France 3 Occitanie, une manifestante présente sur place aurait alors parlé au policier, interloquée par son masque qui contrastait vivement avec le reste de sa tenue.

Selon elle, l'agent des forces de l'ordre lui aurait alors demandé si elle souhaitait «prendre un selfie» avec lui. «Non, je vous prends en photo pour montrer votre manque de professionnalisme», lui aurait-elle répondu. 

«Pas de message particulier», selon la police

Alors qu'il semblerait que le policier ait voulu faire référence au jeu vidéo «Call of duty, Modern Warfare II», dont «Ghost», l'un des personnages,  porte justement ce type de masque, une source policière a indiqué qu'il n'y avait pas de «message particulier» et que le fonctionnaire a simplement porté ce qu'il avait sous la main.

Des explications qui ne pourraient toutefois pas satisfaire les internautes. Plusieurs d'entre eux ont en effet été choqués par «un symbole dangereux», dans un contexte particulièrement tendu de défiance entre les forces de l'ordre et certains gilets jaunes

Un cas similaire en 2013

«Ce sont des pratiques marginales et parfaitement déplacées», a quant-à-lui indiqué Jean-François Mignard, secrétaire général de la Ligue des droits de l'homme, cité par France 3 Occitanie.

Des pratiques qui, selon lui, reflètent un certain état d'esprit de «cow boys» de la part de fonctionnaires que ne maîtrisent pas la hiérarchie policière. 

En 2013, la photo d'un légionnaire en opération au Mali, le visage dissimulé lui-aussi par un masque de mort, prise par un photographe de l'AFP avait provoqué une vive polémique.

A l'époque, un porte-parole du ministère de la Défense avait dénoncé «un comportement inacceptable». De retour en France, le militaire avait été exclu de l'armée.

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