Tout savoir sur Vécu, le média dédié aux gilets jaunes

Se présentant comme «horizontal», ce «média 100 % jaune» est à ce jour suivi par près de 34.000 internautes. Se présentant comme «horizontal», ce «média 100 % jaune» est à ce jour suivi par près de 34.000 internautes. [© capture Facebook]

Il est né sur les réseaux sociaux à la mi-décembre, a fait du Facebook Live son arme de prédilection, et se veut une réponse à la «désinformation de la part de nombreux médias» : voici Vécu, le média exclusivement consacré au mouvement des gilets jaunes.

Sa photo de couverture – une arborescence des grands propriétaires de médias en France – donne le ton. Si un site Internet s'est récemment créé, diffusant les témoignages de victimes d'affrontements avec les forces de l'ordre lors des manifestations, c'est sur le réseau social de Mark Zuckerberg que Vécu a fait ses premiers pas – et ses preuves.

Son objectif : «offrir aux gilets jaunes un outil supplémentaire pour les favoriser à reprendre la main sur leur actualité : leurs réelles revendications, les images des blocages et des manifestations...» Se présentant comme «horizontal», ce «média 100 % jaune», à ce jour suivi par près de 34.000 internautes et «liké» par plus de 26.000 d'entre eux, serait alimenté par une équipe de cinq personnes, dont le fondateur, Gabin Formont, entrepreneur de 29 ans originaire de la Creuse.

Au-delà du fait que Vécu a dépassé, en termes de soutien numérique, toutes les pages Facebook qui avaient tenté de se faire les porte-paroles du mouvement social, sa notoriété a sensiblement explosé à partir du samedi 5 janvier. Alors que la rumeur d'un décès à Paris pendant la manifestation des gilets jaunes – une mère de famille belge qui aurait perdu la vie après avoir été touchée par un tir de Flash-Ball – enflait sur les réseaux sociaux, Gabin Formont, sceptique, s'est penché sur cette affaire. Jusqu'à constater, après avoir interrogé divers témoins, qu'il n'existait aucune preuve d'une telle bavure. Une mise au point qu'il a racontée dans un Facebook Live de plus d'une heure, comme à son habitude.

«Un travail de démontage de fake news»

«J'étais prêt à relayer l'info», explique-t-il dans les colonnes du Parisien, reconnaissant avoir failli faire «une grosse connerie». «Du coup, j'ai consulté mon équipe, qui m'a tempéré et m'a dit : 'On doit faire attention, on ne peut pas se permettre de publier des fake news, sinon on va perdre notre crédibilité'.» «C'était notre premier travail de démontage de fake news», assure-t-il.

Se disant apolitique et éternel de l'abstention, Gabin Formont ne se veut pas pour autant «journaliste». «On essaie de rester impartial, mais on est quand même du côté des gilets jaunes», souligne-t-il, dénonçant «une nette désinformation» diffusée par «de nombreux médias», jugés trop partisans du pouvoir en place et des forces de l'ordre.

Usant du Facebook Live à foison, que ce soit pour décrire les manifestations ou pour relayer les témoignages de blessés, Gabin et la petite équipe du Vécu marchent en ce moment dans les pas de Brut et les directs vidéo de Rémy Buisine, plébiscités par nombre de gilets jaunes. Quitte à devenir un média pérenne, professionnalisé, au risque de devenir ce qu'il dénonce ? Pas selon lui, rapporte Le Parisien : «Personne ne me soudoiera, personne ne me proposera un billet, personne ne me mettra chroniqueur [sur une chaîne d'info en continu].»

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