La cagnotte pour la police est inutile, selon le patron de la police nationale

Demain, 80.000 policiers et gendarmes seront de nouveau mobilisés sur tout le territoire, dont 5.000 à Paris[Sameer Al-Doumy / AFP]

Interrogé ce vendredi 11 janvier sur France inter, le directeur général de la police nationale (DGPN) Éric Morvan a estimé que la police n'avait «pas besoin de cagnotte» comme celle lancée par le président de la région PACA Renaud Muselier (LR). 

«Je n'en ai pas besoin, les policiers n'en ont pas besoin», a-t-il insisté face à Ali Baddou. Après la création de la cagnotte en soutien à Christophe Dettinger, l'ex-boxeur soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes samedi lors de l'acte VIII des «gilets jaunes», certaines personnes avaient en effet décidé d'en lancer d'autres pour les membres des forces de l'ordre blessés pendant les manifestations. 

Un blason qui n'a pas besoin d'être redoré

Ce vendredi après-midi, celle de Renaud Muselier sur la plate-forme Leetchi, qui connaît le plus grand succès, avait récolté 1.415.203 euros. L'argent sera redistribué à l'Amicale de la police nationale. 

«Cette fracture [...] qui se manifeste à coups de cagnottes peut même à certains égards friser l'indécence», a estimé Éric Morvan. «S'il y a de la générosité dans ce pays, manifestons-la à la recherche médicale, à l'enfance en danger, mais les policiers n'ont pas besoin de cagnotte», a-t-il répété, assurant que la police «jouit d'une bonne image dans le pays». 

Le patron de la police a par ailleurs profité de cette interview pour défendre les forces de l'ordre, accusées de violences policières par des manifestants, des journalistes, et certains membres de la classe politique depuis le début du mouvement. Selon lui, il n'est «pas normal que l'on puisse mettre sur un pied d'égalité des manifestants qui sont en fait des émeutiers quand on arrive à ce degré de violences, et des agents de la force publique qui ont pour mission le rétablissement de l'ordre». 

«fatigue» et «lassitude»

Depuis la première manifestation, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ainsi «reçu sur sa plate-forme deux cents signalements» pour des violences jugées illégitimes. Éric Morvan a précisé que sur ces signalements, 78 dossiers avaient débouché sur des enquêtes, sans qu'aucun policier ne soit «pour l'instant» suspendu. 

«Ces événements nous éloignent de la protection des personnes et des biens [...] Pendant qu'on se consacre à ces mouvements sociaux, on est moins dans notre cœur de métier», a-t-il déploré, craignant «des conséquences sur le niveau général de la délinquance». 

A la veille d'un nouveau samedi de mobilisation qui s'annonce plus important que celui de la semaine dernière, Éric Morvan a souligné «la fatigue», ainsi qu'«une certaine lassitude» chez les policiers, qui «ne sont pas des robots». Demain, 80.000 policiers et gendarmes seront de nouveau mobilisés sur tout le territoire, dont 5.000 à Paris. 

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