«Un homme très galant, élégant» : le portrait élogieux du policier accusé du viol d'une Canadienne aux Assises

Avec son collègue, Nicolas R., Antoine Q. est soupçonné d'avoir violé une touriste canadienne dans leurs bureaux du «36» après une soirée très arrosée en avril 2014[Martin BUREAU / AFP]

Alors que se tenait le cinquième jour du procès de deux policiers soupçonnés d'un «viol en réunion» au 36 quai des Orfèvres, ex-siège de la PJ de Paris, vendredi 18 janvier aux assises, un portrait particulièrement élogieux d'un des hommes a été dressé à la barre. 

A partir des entretiens qu'elle a passés avec des proches et des collègues d'Antoine Q., l'experte a décrit un bon professionnel et un bon père de famille, très loin de l'image de l'homme capable de violer une femme alcoolisée avec un collègue. 

«Il n'est pas machiste pour un sou» et pour lui «la femme est l'égale de l'homme», a assuré un ami à cette enquêtrice. «Il a été élevé dans le respect de la femme et de la mère».

Avec son collègue, Nicolas R., Antoine Q. est soupçonné d'avoir violé une touriste canadienne dans des bureaux du «36» après une soirée très arrosée en avril 2014. 

Ses infidélités révélées

Pour la compagne d'Antoine Q., dont il partage la vie depuis 2005 et avec laquelle il a un enfant, c'est «un homme très galant, élégant». «C'est une femme hyper-courageuse. La preuve, c'est qu'elle me soutient», a dit, ému, l'accusé à la barre. Mais celle-ci, explique-t-il, n'est pas au courant de toute l'affaire, et en particulier de son infidélité.

«Malheureusement, elle va savoir» après cette audience, admet-il. L'accusé ne lui a pas parlé des baisers qui auraient été échangés avec Emily Spanton, la victime présumée du viol. Il a reconnu pendant l'enquête des caresses sexuelles dans la voiture, sur le chemin du «36», avec cette dernière. De cela non plus, il n'a pas parlé à sa compagne. Mais «je lui ai dit toute la vérité sur tout le reste», se défend-il.

«Vous lui avez parlé de votre maîtresse ?», l'interroge le président. «Non», répond-il à voix basse. Antoine Q. a eu à deux reprises, à son bureau, des relations sexuelles avec une collègue rencontrée fin 2013. «Je voulais visiter les bureaux de l'anti-gang (l'ancien nom de la BRI) et en pleine nuit, nous avons couché ensemble au bureau», a raconté cette policière lors de l'enquête. C'était, assure l'accusé, la première fois qu'il trompait sa femme et il n'a, à part cette fois là, «pas amené de femme au +36+ pour des relations sexuelles».

Après le viol présumé d'Emily Spanton, Antoine Q. a été suspendu puis sanctionné en conseil de discipline. «Mon monde s'est écroulé», raconte-t-il, évoquant une «torture permanente». Des chances d'intégrer la BRI, «je n'en aurai plus». Antoine Q. a repris le travail en juillet 2017, à la Brigade d'exécution des décisions de justice, chargée de rechercher et interpeller des personnes condamnées qui se soustraient aux décisions de justice. «Il obtient de très bons résultats, il est apprécié», a expliqué à la cour sa nouvelle chef, qui a voulu «lui donner une chance». Les deux accusés, qui comparaissent libres, encourent 20 ans de réclusion.

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