L'affaire Benalla en 4 actes

Mis en examen vendredi dernier pour usage abusif de ses passeports diplomatiques, Alexandre Benalla est auditionné ce lundi 21 janvier par le Sénat. [BERTRAND GUAY / AFP]

Mis en examen vendredi dernier pour usage abusif de ses passeports diplomatiques, Alexandre Benalla est auditionné ce lundi 21 janvier par le Sénat qui veut comprendre comment l’ex-collaborateur de l’Élysée a pu conserver ces documents. Retour sur quatre affaires qui ont mis l'ancien chargé de mission au coeur de l'actualité. 

Manifestations du 1er mai : début de «l’affaire Benalla»

Le 18 juillet dernier, Le Monde identifie Alexandre Benalla sur des vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux. On y voyait notamment l’ancien collaborateur de l’Élysée, casque sur la tête et en possession d’un brassard de police ainsi que d’un talkie-walkie, en train de frapper à plusieurs reprises un jeune homme en marge des manifestations du 1er mai. Une autre vidéo le montre s’en prendre de manière musclée à une femme.

Face à la polémique, l’Élysée a indiqué avoir pris connaissance de l'affaire dès le 2 mai et que Benalla avait été sanctionné par une mise à pied de 15 jours, en mai, avec rétrogradation de ses fonctions.

Suite aux révélations du Monde, le parquet de Paris ouvre une enquête. Le dimanche 22 juillet, Benalla est mis en examen pour les chefs d’accusation suivants : violences en réunion n'ayant pas entraîné d'ITT, immixtion dans l'exercice d'une fonction publique, port public et sans droit d'insignes réglementés, recel de détournement d'images issues de la vidéo protection et recel de violation du secret professionnel. Face aux zones d'ombre, l’Assemblée nationale et le Sénat forment des commissions d’enquête.

Le bus de l’équipe de France

Des captures d’écran réalisées par plusieurs médias montrent Alexandre Benalla dans le bus des Bleus qui défilent sur l’avenue des Champs-Élysées pour fêter leur sacre mondial. M6 a révélé qu’à cette occasion Benalla aurait eu deux altercations : la première avec un commandant de gendarmerie sur le tarmac de Roissy et la seconde au Crillon avec un policier.

Lundi 3 septembre, l’émission Quotidien a affirmé que l’ancien collaborateur avait fait accélérer le bus des Bleus sur les Champs-Élysées. Il aurait également eu la garde du trophée et aurait été chargé, en compagnie de trois autres personnes, d’amener la Coupe du monde dans le bureau d’Emmanuel Macron.

Suspicion de port illégal d'arme lors du selfie de Poitiers

Suite à une photo, ou plutôt un selfie, montrant Alexandre Benalla brandissant un pistolet, une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Poitiers. C’est dans un restaurant de cette ville qu’aurait été prise la photo où il est en compagnie de deux hommes et d’une serveuse. Le cliché daterait du 28 avril 2017, entre les deux tours de la présidentielle.

Problème, à cette époque, l’ancien chargé de mission de l’Élysée ne possède pas un permis l’autorisant à porter une arme hors des locaux d’En Marche. Alexandre Benalla s'est défendu en invoquant un photomontage.

L'affaire des passeports diplomatiques

Le 19 septembre, Alexandre Benalla témoigne sous serment devant la commission d'enquête du Sénat. Il affirme alors avoir restitué ses deux passeports diplomatiques. C'est notamment un déplacement au Tchad, effectué début décembre, qui éveille les soupçons.

Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a demandé par lettre recommandée, le 26 juillet dernier, la restitution des deux documents. Le Quai d'Orsay affirme que Benalla ne les a jamais rendu. 

Vendredi 18 janvier, après 24 heures de garde à vue, Alexandre Benalla est mis en examen pour usage «public et sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle», a déclaré son avocate Jacqueline Laffont, dans des propos rapportés par Le Monde.  

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