Les Républicains à l'offensive

Depuis plusieurs semaines, Laurent Wauquiez a multiplié les initiatives locales pour revenir dans la lumière. Depuis plusieurs semaines, Laurent Wauquiez a multiplié les initiatives locales pour revenir dans la lumière. [© FRANCOIS LO PRESTI / AFP]

Mal en point depuis la présidentielle, le parti de Laurent Wauquiez entend s’affirmer en vue du scrutin de mai.

Il mise sur un sursaut. C’est avec l’espoir de relancer la droite que Les Républicains amorcent leur campagne pour les Européennes, à quatre mois du scrutin. Le compte à rebours a été lancé mardi soir, lors de la commission d’investiture de leur tête de liste.

L’enjeu est de taille, car, depuis la défaite à la présidentielle de François Fillon, qui avait pourtant été un temps favori, le parti traverse une mauvaise passe. Dont son président, Laurent Wauquiez, espère sortir pour s’imposer comme la «seule alternative républicaine» à Emmanuel Macron.

Une ligne clarifiée et assumée

Après avoir reconnu, fin décembre, que LR n’avait «pas toujours su convaincre» en 2018, son patron entend désormais occuper davantage de terrains, toujours sur la même ligne idéologique. A savoir une «droite vraiment de droite», décomplexée et conservatrice. La famille politique «ne se reconstruit pas en baissant la tête, elle n’avance pas quand elle s’excuse de ses idées», a-t-il martelé.

Depuis plusieurs semaines, Laurent Wauquiez a donc multiplié les initiatives locales pour revenir dans la lumière. Que ce soit en envoyant une lettre à la population pour concurrencer celle du chef de l’Etat, en annonçant un plan de 8 millions d’euros pour soutenir les commerçants d’Auvergne-Rhône-Alpes, région qu’il préside, ou en effectuant, dès vendredi, un «tour de France» pour ouvrir un «vrai dialogue avec les Français» – par opposition au grand débat lancé par l’Etat. Sans compter le mouvement des gilets jaunes, sur lequel il tente de surfer, arguant qu’il porte leurs revendications depuis toujours.

Mais c’est en priorité sur les européennes, premier scrutin depuis la présidentielle, que mise Laurent Wauquiez. Et plus précisément sur un trio : la vice-présidente d’Ile-de-France, Agnès Evren, l’eurodéputé Arnaud Danjean, et la tête de liste François-Xavier Bellamy. Avec cet élu versaillais de 33 ans, méconnu du grand public et conservateur assumé sur le plan sociétal (anti-IVG notamment), LR «fait à la fois le choix du renouvellement et de la radicalisation pour séduire l’aile droite», explique le politologue Philippe Moreau-Chevrolet.

Au risque de crisper les ténors plus modérés du parti, tels la présidente de région Valérie Pécresse, le maire de Nice, Christian Estrosi, qui se prononcera «en fonction du projet», ou l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui se dit «plus près du projet de Macron» sur la question européenne.

Un virage crucial pour l’avenir

Quoi qu’il en soit, c’est sa survie que LR va jouer. Le parti a d’abord beaucoup à perdre : s’il avait emporté plus de 20 % des voix en 2014, soit 16 sièges (sur 74), il n’est actuellement crédité que de 12,5 % d’intentions de vote, derrière LREM (23,5 %) et le RN (20,5 %).

En outre, alors que Wauquiez prône une ligne à la fois libérale économiquement et souverainiste, il risque d’être pris en tenaille entre deux camps, les fédéralisme et les nationalistes. «Entre un leader qui ne fait pas l’unanimité, un chef de l’Etat qui chasse sur ses terres, et sans figure de proue susceptible de prendre la relève, LR pourrait disparaître», estime Philippe Moreau-Chevrolet.

Une solution serait de mettre en avant, après les Européennes, des têtes d’affiches moins clivantes, ou d’assumer un axe encore plus droitier. Un choix qu’il va être amené à faire rapidement.

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