Marseille : des milliers de manifestants ont défilé 3 mois après le drame de la rue d'Aubagne

La manifestation s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, au son des tambours, du Cours-Julien vers le Vieux-Port.[GERARD JULIEN / AFP]

La «marche de la colère» a réuni des milliers de personnes, ce samedi à Marseille (Bouches-du-Rhône) pour dénoncer le mal-logement, près de 3 mois après le drame de la rue d'Aubagne, dans lequel ont péri 8 personnes.

«En trois mois rien n'a été fait, rien n'a bougé, donc on ne peut qu'être là. 2.000 personnes ont perdu leur logement depuis le début de cette crise et sont balancés à l'hôtel», a déploré auprès de nos confrères de l'AFP Françoise Harl, enseignante de 60 ans, qui avait déjà manifesté lors de la première «marche de la colère» en novembre.

La manifestation s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, au son des tambours, du Cours-Julien vers le Vieux-Port. «Il y a toute la misère de Marseille dans ce cortège, des mal-logés aux mineurs isolés en passant par les 'gilets jaunes'», a remarqué Camille, 30 ans. Le jeune homme portait une banderole «Zineb Redouane tuée par la police : ni oubli, ni pardon», en hommage à cette octogénaire décédée après avoir été blessée par un tir de grenade lacrymogène en marge d'une manifestation dans son appartement alors qu'elle fermait ses volets début décembre dans la cité phocéenne.

Quelques «gilets jaunes» ont rejoint le cortège, ainsi que des membres de l'Assemblée de la Plaine, une place du centre de Marseille dont les travaux de réhabilitation soulèvent l'indignation de certains habitants.

2.017 Marseillais évacués par précaution

«On est tous là car c'est le symptôme d'une municipalité de merde, qui laisse tout se délabrer complètement», a réagi Jeff Quetezal-Coatr, 65 ans, membre de l'Assemblée de la Plaine. «La mairie investit des millions à la rénovation de cette place alors que chaque jour des immeubles tombent en ruine.».

Plusieurs élus d'opposition dont Benoît Payan (PS) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) étaient également présents. Ce dernier a évoqué le drame de la rue d'Aubagne auprès de la presse : «Je refuse qu'on mette tout ça sur le compte du folklore marseillais, ça existe aussi en banlieue parisienne. Mais on ne me fera pas croire que la municipalité n'était au courant de rien.»

Le chef de file de La France insoumise a demandé à l'Etat des «arrêtés de réquisitions pour reloger les gens».

Depuis le double effondrement mortel de la rue d'Aubagne, les signalements d'immeubles menaçants se sont multipliés à Marseille. A ce jour, 2.017 Marseillais ont été évacués par précaution de 248 immeubles devenus fantômes. Quelque 1.315 personnes sont «prises en charge ou hébergées», le plus souvent à l'hôtel, selon la mairie.

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