Un tiers des SDF sont des ex-détenus, des anciens enfants placés ou des malades psychiatriques

Près d'un sans domicile fixe sur cinq dit avoir perdu son logement suite à une hospitalisation ou une incarcération. Près d'un sans domicile fixe sur cinq dit avoir perdu son logement suite à une hospitalisation ou une incarcération.[Eitan ABRAMOVICH / AFP]

Un tiers des SDF sont des ex-détenus, des enfants placés ou des malades psychiatriques, selon le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre, publié vendredi 1er février.

Ils sont appelés «les abandonnés de l'Etat». «Des milliers de personne, chaque année subissent des fins de prise en charge par des institutions sans solution de logement à leur sortie», précise le document. «Cet abandon institutionnel est une cause majeure de perte de domicile».

Ainsi, près d'un sans domicile fixe sur cinq (19%) dit avoir perdu son logement suite à une hospitalisation ou une incarcération. Près d'une personne sans domicile sur quatre (26%) née en France est également un ancien enfant passé par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), soit plus de 10.000 personnes. Pourtant ce public ne représente que 2 à 3% de la population générale. 

Pour la fondation Abbé Pierre (FAP),  «ces sorties sèches constituent une source de ruptures résidentielles d'une grande violence pour des personnes particulièrement vulnérables». 

Ce phénomène peut toucher plusieurs dizaines de milliers de personnes. En effet, chaque année en France, 170.000 jeunes sont placés, 68.000 personnes sortent de prison et 420.000 patients sont hospitalisés en psychiatrie.

un manque de moyens

«L'accès au logement cristallise l'incapacité fréquente des institutions à anticiper les sorties», souligne la FAP. Les professionnels de ces trois services publics, «en crise», dénoncent le manque de moyens pour assurer un suivi social de ce public. 

«Au regard des coûts importants que représente la prise en charge des personnes dans ces trois institutions, ne pas préparer convenablement et dignement leur sortie représente un immense gâchis humain, et même en termes de finances publiques», analyse la fondation. 

12 millions de personnes en difficulté 

Dans l'Hexagone, quatre millions de personnes sont touchées par le «mal-logement». Douze millions de personnes éprouvent des difficultés pour se loger, qu'il s'agisse de précaires énergétiques ou de ménages subissant un prix du logement trop élevé ou menacés d'expulsion, explique le rapport, qui met en cause la politique du logement du gouvernement. 

«On ne dit pas que rien n'est fait», précise le délégué général de la fondation Abbé Pierre, Christophe Robert. Il fait notamment référence au plan logement lancé l'an dernier, qui consiste à sortir les sans-abri de la rue, en leur donnant directement un logement, sans passer par la case centres d'hébergements, saturés. 

Dans le cadre de ce dispositif, le ministère du logement a annoncé, vendredi, que 70.000 personnes sans domicile ont trouvé un logement durable en 2018. 

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