Gabriel Attal : «Les jeunes ont une utilité sociale»

«L’envie de participation politique vient aussi avec l’intégration citoyenne», selon le membre du gouvernement. «L’envie de participation politique vient aussi avec l’intégration citoyenne», selon le membre du gouvernement. [© JOEL SAGET / AFP]

Il est en première ligne. Au gouvernement depuis à peine quatre mois, le secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Gabriel Attal, accompagne aujourd’hui le chef de l’Etat pour son nouveau déplacement en région, organisé dans le cadre du grand débat.

En compagnie de son ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, le benjamin de l’exécutif, 29 ans, a devant lui une belle occasion de faire le pont entre les générations.

Pourquoi les jeunes sont-ils peu mobilisés pour le grand débat ?

Quand on est jeune, participer à une réunion avec des gens plus expérimentés peut être inhibant et, globalement, ils se mobilisent peu lors des élections. Le fait qu’ils vivent dans un environnement angoissant (chômage, pollution, terrorisme…) peut même les décourager.

Depuis des semaines, nous cherchons à faire connaître la plate-forme du grand débat. L’idée est d’assurer un cadre pour qu’ils puissent s’exprimer librement. Nous avons beaucoup travaillé avec les réseaux associatifs lycéens et étudiants pour organiser des consultations.

Comment les inciter à s’investir davantage en politique ?

Cela passe d’abord par l’enseignement moral et civique tout au long de la scolarité, mais aussi par d’autres initiatives, comme le service national universel, qui fera vivre les valeurs de la République, à la manière d’un rite de passage.

L’envie de participation politique vient aussi avec l’intégration citoyenne, via l’emploi et l’engagement pour une cause. Notre pays a du mal à montrer aux jeunes qu’ils ont une utilité sociale. Pourtant, ils se sentent autant concernés que les autres par la transition écologique, les services publics ou la dette de la France. Voire davantage, car c’est d’abord leur avenir qui va en dépendre.

Que répondez-vous à ceux qui reprochent à l’exécutif d’être trop éloigné de leurs préoccupations ?

Ce qui compte, c’est ce que l’on fait, pour leur autonomie et leur émancipation. Nous serons jugés sur notre action, comme les 15 milliards d’euros investis sur la formation des jeunes, le pass culture, les transformations éducatives...

Votre âge est-il un atout pour défendre la jeunesse ?

Le contact se fait peut-être plus facilement, mais je ne prétends pas incarner la jeunesse au sein du gouvernement. La jeunesse est plurielle, diverse. En revanche, mon poste me confère une responsabilité particulière : celle de montrer que les jeunes peuvent agir, avec un regard différent sur la société et une envie différente de faire.

En quoi le service national universel peut-il changer le regard des jeunes ?

Il viendra renforcer les liens d'appartenance des jeunes à la République. C’est un rite de passage républicain, un brassage social et territorial, pensé spécifiquement pour les jeunes. Ce que je constate et montrent les enquêtes, c’est que les jeunes y sont favorables. Dans les treize départements tests, nous avons déjà beaucoup de demandes. C’est aussi l’occasion pour eux de se former, par exemple aux gestes de premiers secours, pour s’adapter aux nouveaux risques (catastrophes naturelles, attentats…).

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