Main arrachée à Paris : une enquête ouverte pour déterminer les circonstances de l'accident

Scène d'horreur devant l'Assemblée nationale : un manifestant âgé d'une trentaine d'années a eu une main arrachée à la mi-journée ce samedi. Une enquête judiciaire a été ouverte dès le lendemain, a annoncé Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur.

Présent dans la cortège parisien des gilets jaunes lors de cette treizième journée de manifestations, l'homme a rapidement été évacué par les pompiers de l'Assemblée, un bandage au bout de l'avant-bras, a constaté un journaliste de l'AFP.  Selon la préfecture de police, il a eu «quatre doigts arrachés».

«L'opération a été longue ce matin, c'est un travail méticuleux, c'est une blessure grave que je regrette», a déclaré le ministre sur France Inter/Franctvinfo/Le Monde. «On a déclenché immédiatement une enquête judiciaire pour comprendre ce qui s'est passé», a-t-il ajouté. De son côté le parquet de Paris a indiqué à l'AFP avoir ouvert samedi une enquête en recherche des causes des blessures graves.

Sur les images particulièrement choquantes qui circulent sur Twitter, des street-medics entourent la victime, dont la blessure est clairement visible.

Selon un témoin interrogé par l'AFP, une «grenade de désencerclement», lancée par les forces de l'ordre et que le trentenaire a voulu repousser d'un «coup de main» aurait provoqué le grave accident. Pendant ce temps, des manifestants tentaient d'enfoncer les palissades protégeant l'Assemblée nationale.

L'explication de Castaner

M. Castaner a expliqué qu'«il y a eu une attaque contre le fronton de l'Assemblée nationale, des gens voulaient rentrer dans l'Assemblée nationale, les gendarmes se sont retrouvés encerclés face à une foule très hostile et ils ont voulu se désencercler». «Un manifestant (...) a voulu prendre dans la main cette grenade et elle a explosé», a-t-il ajouté.

Le ministre a par ailleurs souligné que 133 enquêtes judiciaires étaient actuellement menées par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), allant «de blessures graves (...) à l'insulte simple». Il a aussi évoqué les violences qui ont émaillé l'acte 13 des «gilets jaunes» samedi à Paris, estimant que «depuis quelques années, l'ultra violence rentre dans nos manifestations».

«La quasi totalité des distributeurs de billets des banques du parcours de la manifestation d'hier ont été détruits mais aussi du mobilier urbain et des voitures souvent de luxe: c'est très classique de l'ultragauche», a-t-il dit.

La grenade GLI-F4 en question

La grenade lacrymogène et assourdissante GLI-F4, manifestement en cause dans cet accident, contient 25 grammes de TNT. En décembre, un collectif d'avocat avait appelé Matignon à faire abroger le décret autorisant l'usage de ces engins. Dans la lettre qu'ils avaient adressée à l'exécutif, ils avançaient notamment le fait que la France était le seul pays à autoriser cette arme en Europe.

Des manifestations avaient également eu lieu en mai dernier, à Paris et à Nantes, pour demander son interdiction. 

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