Gilets jaunes : qu’est-ce que la grenade GLI-F4, au coeur d'une polémique ?

La grenade GLI-F4 peut être tirée en cloche par les forces de l'ordre [Zakaria ABDELKAFI / AFP]. La grenade GLI-F4 peut être tirée en cloche par les forces de l'ordre [Zakaria ABDELKAFI / AFP].

Alors qu’elle serait à l’origine de la grave blessure à la main d’un manifestant lors de l’acte XIII des gilets jaunes, samedi, la grenade GLI-F4 est dans le collimateur d’un groupe d’avocats. Ils souhaitent saisir le Conseil d’Etat pour l’interdire. Que lui reprochent-ils ?

La grenade GLI-F4 est considérée comme l’ultime moyen de défense des forces de l’ordre, avant l’utilisation de leurs armes à feu. Elle sert à garder à distance un groupe de personnes hostiles, lors de manifestations qui dégénèrent ou d’émeutes. Son but n’est pas de blesser, mais de réaliser une action de légitime défense.

effet irritant, sonore et de souffle

GLI-F4 signifie «grenade lacrymogène instantanée de type F4». Comme son nom l’indique, elle produit lors de son explosion un nuage de poudre invisible qui produit un effet irritant. Mais pas seulement. Elle émet également une déflagration sonore de 165 décibels à 5 mètres. Soit un bruit plus fort qu’un avion au décollage, décrit le Figaro.

Les 25 grammes de TNT contenu dans l’objet entrainent également un puissant souffle, qui déclenche une onde de choc, ainsi qu’un éclair. «Avec l’explosion, on obtient un choc psychologique et un effet de sidération chez l’adversaire», décrit le colonel.

une utilisation bien réglementée

Contrairement à la grenade de désencerclement, qui ne peut être lancée qu’à la main et en la faisant rouler au sol, la GLI-F4 peut être tirée en cloche à l’aide d’un lance-grenades, dans des zones toujours absentes de personnes.

Depuis la mort de Rémi Fraisse, à Sivens, en 2014, par une grenade offensive OF-F1 (interdite depuis), ses règles d’usage ont été modifiées. La GLI-F4 doit désormais être utilisée par deux agents : le lanceur et le superviseur, qui analyse la situation et guide le tir.

une dangerosité reconnue

Dans un rapport rédigé conjointement entre police et gendarmerie, en 2014, les forces de l’ordre expliquaient qu’elles étaient favorables à son maintien dans leur arsenal, même si elles reconnaissaient sa dangerosité. Notamment lorsque des manifestants tentent de s’en saisir pour la renvoyer.

Il s’agit de l’une des hypothèses possibles pour expliquer ce qui s’est produit samedi, pour le jeune homme ayant eu quatre doigts arrachés. Son avocat indique de son côté qu’il n’a pas essayé de l’attraper, mais s’est seulement protégé. Une enquête judiciaire, confiée à l’Inspection de la gendarmerie nationale, a été ouverte.

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