Impôt sur le revenu pour tous : «La piste n'est pas à l'étude», dit Matignon

Le sujet de la fiscalité est l'un des quatre thèmes du grand débat lancé par l'exécutif et la demande de plus de «justice fiscale» figure au coeur des revendications de nombreux «gilets jaunes».[Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP]

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, s'est déclarée favorable à un impôt sur le revenu universel, dans le Journal du dimanche. Une idée balayée dimanche par l'entourage du Premier ministre Edouard Philippe.

«C'est une idée qui revient souvent dans les débats et Jacqueline Gourault peut légitimement la restituer et la soutenir dans un moment où chacun est invité à faire des propositions. Mais la piste d'un impôt sur le revenu universel n'est pas à l'étude», a indiqué Matignon à l'AFP. Alors que sa ministre avait envisagé que cela pourrait être une piste de sortie du grand débat national, qui doit répondre à la crise des «gilets jaunes».

Plusieurs élus de l'opposition et même de la majorité ont critiqué dimanche cette idée, évoquant une pensée économique «limitée» ou un concours d'«inventivité fiscale».

«Les Français payent déjà l'impôt dès le premier euro avec la CSG. Tous payent la TVA», a avancé Matignon. «Le Premier ministre a déjà dit qu'il fallait entendre le message des Français qui payent trop d'impôts. Notre engagement, c'est bien de les baisser et nous avons déjà engagé un grand nombre de décisions en ce sens», a-t-on ajouté dans l'entourage d'Edouard Philippe.

«Chacun pourrait contribuer à la hauteur de ses moyens, y compris les plus modestes, même de manière très symbolique, pour recréer le lien entre citoyen et impôt. Chacun pourrait payer l'impôt sur le revenu. Y compris les plus modestes, même un euro», avait indiqué Jacqueline Gourault dans les colonnes du JDD, alors que l'impôt sur le revenu est aujourd'hui payé par moins d'un ménage français sur deux (43%).

«REDONNER À CHACUN LE SENS DE L'IMPÔT»

«Notre système fiscal est surconcentré sur les classes moyennes», estimait Jacqueline Gourault qui veut «redonner à chacun le sens de l'impôt, qui est un acte citoyen». «Dans le même temps, il faut aussi que nous réfléchissions à la contribution que devraient apporter les très hauts revenus.»

La ministre de la Cohésion des territoires ne serait ainsi «pas choquée» d'instaurer une nouvelle tranche d'impôt sur les plus hauts revenus, même si elle ne croit «pas que les solutions aux problèmes de notre pays viendront d'une augmentation globale des impôts».

Quant à la création d'une tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu, elle est soutenue par le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et par certains députés de ma majorité.

Actuellement, cinq tranches existent pour l'impôt sur le revenu : 0%, 14%, 30%, 41% et 45%, pour les revenus supérieurs à 153.783 euros.

D'autre part, la ministre s'est également exprimée sur la taxe d'habitation, estimant qu'il était «préférable de la supprimer totalement». Sa suppression n'était prévue initialement que pour 80% des Français.

«Faire croire que les 20 % qui restent sont des "riches", comme si nous vivions dans une société binaire, serait une erreur», d'après elle.

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