50 ans du Concorde : le Concorde en chiffres

L'avion supersonique permettait de relier Paris à New York en seulement 3 heures 30. L'avion supersonique permettait de relier Paris à New York en seulement 3 heures 30.[CARL DE SOUZA / AFP]

Il y a cinquante ans, le 2 mars 1969, le Concorde réalisait son premier vol d'essai, au départ de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. L'avion supersonique franco-britannique, mis à la retraite en 2003, a laissé une trace indélébile dans l'aviation civile, entre vitesse, grosse consommation et drame. La preuve en chiffres.

2 200 km/h comme vitesse de croisière

Le Concorde méritait bien son statut d'appareil supersonique. Il avait en effet une vitesse de croisière maximale d'environ 2 200 km/h, 1,8 fois supérieure à la vitesse du son (qui est environ 1 200 km/h). Et lorsqu'il poussait ses moteurs à fond, il atteignait même les 2 400 km/h. Par comparaison, aujourd'hui, l'Airbus A380 se déplace à une vitesse de croisière d'environ 900 km/h, soit 2,4 fois moins vite que le Concorde.

Grâce à sa célérité, le «grand oiseau blanc» permettait à sa centaine de passagers de relier Paris à New York en 3 heures 30, contre environ 8 heures aujourd'hui. Un voyage express qui avait cependant un coût : 8 000 euros minimum pour un aller-retour en 2003, lors sa mise hors-service (contre quelque 4 500 euros au milieu des années 90).

119,4 décibels au décollage

Les autorités américaines ont, en 1977, mesuré à 119,4 décibels le bruit émis par le Concorde lors d’un décollage à Washington. Un niveau sonore équivalent à celui d'un coup de tonnerre, et supérieur au seuil de douleur auditive chez l'homme (qui se situe à environ 110 décibels). D'où les polémiques qui ont durablement accompagné cet oiseau particulièrement bruyant.

20 tonnes de kérosène par heure de vol

Les quatre réacteurs Rolls-Royce/Snecma Olympus 593 du Concorde étaient puissants, mais aussi très gourmands. Ainsi, l'appareil consommait près de 20 tonnes de kérosène par heure de vol. Rien qu'au décollage, il brûlait chaque minute 450 litres de carburant. La consommation par passager était ainsi estimée à 14 litres pour 100 kilomètres parcourus, un total trois à quatre fois supérieur à celui d'un avion de ligne actuel (l'Airbus A380 est à 2,9). Des chiffres à relativiser : le Concorde a été conçu dans les années 1960, avant les chocs pétroliers.

20 cm d'allongement

Malgré le froid (- 57 °C) régnant à son altitude de croisière (entre 16 000 et 18 000 mètres), le Concorde engendrait une chaleur extrêmement intense en raison de sa vitesse supersonique. Son métal pouvait ainsi atteindre les 120 °C, provoquant un allongement de son fuselage d'environ 20 cm, dû à la dilatation des matériaux composant l'appareil.

2 compagnies concernées

Preuve de la rareté du Concorde, seules deux compagnies aériennes l'ont exploité : Air France et British Airways. Leurs vols inauguraux reliaient respectivement Paris à Rio de Janeiro via Dakar et Londres à Bahreïn, tous les deux le 21 janvier 1976. Les deux avions ont même décollé dans la même seconde. Tout au long de sa carrière, longue de 28 ans et achevée trois ans après le crash de Gonesse (Val d'Oise) le 25 juillet 2000, le Concorde n'a jamais connu d'autres couleurs. 

113 morts

Le 25 juillet 2000, un appareil faisant la liaison entre Paris et Washington s'écrase sur un hôtel de la ville de Gonesse, dans le Val d’Oise, 1 minutes 30 après avoir décollé de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. 113 personnes (membres d’équipage, passagers et clients de l’hôtel) trouveront la mort dans ce crash. En cause, une lamelle en titane présente sur la piste de décollage, sur laquelle a roulé l'avion, provoquant l'éclatement d'un pneu et une réaction en chaîne, menant au drame. Très critiqué déjà avant cet accident, le Concorde ne va pas survivre à ce malheur, qui va faire chuter son nombre de passagers et conduire à l'arrêt de son exploitation.

14 appareils en service

Les concepteurs de l'avion fuselé franco-britannique espérait en vendre plus d'une centaine d'exemplaires. Mais le supersonique, notamment contesté par les Américains, n'a pas réussi à séduire comme il le voulait. Au final, seuls 14 appareils ont été exploités entre 1976 et 2003 : sept par Air France et sept par British Airways.

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles