L'épouse du jihadiste Jean-Michel Clain ne regrette pas d'avoir rejoint Daesh

Dorothée Maquere ne veut pas rentrer en France. [Delil SOULEIMAN / AFP]

Dorothée Maquere, l'épouse du jihadiste français Jean-Michel Clain, qui a été tué en Syrie, a livré ses confidences à la presse depuis un camp des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Vêtue d'un niqab noir la couvrant entièrement et entourée de ses cinq enfants, dont le dernier n'est âgé que de deux semaines, elle évoque le sort de son mari et de son beau-frère, Fabien Clain, tous deux des cadres de Daesh. Fabien Clain, qui avait revendiqué les attentats de Paris dans un message audio, a été tué le 20 février dernier dans un bombardement de la coalition et Jean-Michel Clain est décédé quelques jours plus tard dans un autre bombardement. «Le drone a tué mon beau-frère et l'obus de mortier a tué mon mari», indique Dorothée Maquere à l'AFP.

Elle assure par ailleurs que les deux hommes ne faisaient «rien de spécial» au sein de l'organisation terroriste. Son mari chantait les nasheed, les chants religieux de propagande, tandis que son beau-frère en écrivait les textes, dit-elle.

Selon de nombreux spécialistes, les deux hommes originaires de Toulouse étaient pourtant bien des figures importantes du groupe jihadiste. Fabien Clain, converti à l'islam dans les années 90, était notamment devenu un mentor de plusieurs jihadistes. 

Aucun regret

Interrogée par Europe 1 sur les attentats du 13 novembre, Dorothée Maquere n'exprime aucun sentiment de repentance, estimant que «justice a été faite» : «Vous, si on s'en prenait à vos familles, vous voudriez faire justice. Là, voilà, la justice a été faite». Et d'ajouter : «Dans une guerre, il y a des innocents. Le bilan des attentats, oui, il est lourd. Mais pas aussi lourd qu'ici. Est-ce que c'est équitable, est-ce que ça vaut tout ça ?». 

Evoquant son quotidien, rythmé par les bombardements, Dorothée Maquere affirme ne pas regretter d'avoir rejoint Daesh. Elle ne souhaite d'ailleurs pas rentrer en France et «ne demande rien» aux autorités. Après avoir fui le dernier réduit du groupe terroriste, la Française dit vouloir «continuer à vivre ici avec mes enfants, à me reconstruire, qu'on me laisse tranquille après tout ce que j'ai vécu». 

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