Naufrage du «Grande America» : ce que l'on sait

Le navire devait initialement relier les villes de Hambourg (Allemagne) et de Casablanca (Maroc). [LOIC BERNARDIN / MARINE NATIONALE / AFP].

Le navire de commerce italien «Grande America», victime d'un incendie, a coulé mardi 12 mars au large du Finistère. Si les membres d'équipage sont sains et saufs, une pollution au fioul n'est en revanche pas à exclure. Voici ce que l'on sait de ce naufrage.

Le navire transportait des voitures

Le navire italien, propriété de l'armateur Grimaldi Group, mesure 214 mètres de long.

Il devait relier les villes de Hambourg (Allemagne) et de Casablanca (Maroc). Selon France 3 Bretagne, il s'agit d'un modèle ConRo, un navire hybride entre un roulier et un porte-conteneurs.

«Le bateau transportait des voitures et autres véhicules dans ses garages et des conteneurs sur ses ponts supérieurs», a précisé la chaîne régionale.

Une information confirmée par la préfecture maritime de l'Atlantique qui, de son côté, a ajouté que le «Grande America» était chargé d'environ 2.000 véhicules auxquels s'ajoutent «365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses».

Cela en plus des 2.200 tonnes de fioul lourd dans ses soutes, qui servait de carburant pour la navigation.

Un incendie d'origine indéterminée

Le naufrage est dû à un incendie d'origine encore inconnue qui s'est déclaré dimanche à bord du bateau.

Toujours d'après France 3, le sinistre s'est déclenché sous les conteneurs situés sur les ponts supérieurs du navire. Des moyens conséquents ont été immédiatement mis en place pour éteindre les flammes.

Une frégate multi-missions (FREMM) de la Marine nationale, «L'Aquitaine», se trouvait notamment sur place, de même que le BSAA (Bâtiment de soutien et d'assistance affrété), «Le VN Sapeur». Le remorqueur de haute mer «Abeille Bourbon» est également intervenu et a tenté d'éteindre le feu. En vain.

La faute aux conditions météorologiques qui se sont dégradées et qui ont, en vingt-quatre heures, amplifié la violence des flammes.

«Le navire [a présenté] une inclinaison sur son côté droit qui [s'est aggravée] au fil du temps», a décrit la préfecture sur Twitter, avant d'annoncer qu'il avait coulé.

une trentaine de personnes évacuées

Aux premières heures de la catastrophe, dans la nuit de dimanche à lundi, le capitaine a aussitôt décidé d'évacuer le navire. Vingt-six membres d'équipage et un passager se sont alors réfugiés dans un canot.

Ils ont été secourus en pleine mer, deux heures plus tard sains et sauf, par la frégate britannique «HMS Argyll». La Royal Navy a diffusé les images du sauvetage :

Une nappe d'hydrocarbures QUI POURRAIT TOUCHER LA FRANCE dès CE WEEK-END

Mercredi, en fin de journée, la préfecture maritime a, dans un communiqué, officialisé la nouvelle redoutée par tous : «Au cours du vol réalisé cet après-midi au-dessus de la zone de naufrage du Grande America par l'avion de patrouille maritime 'Atlantique 2' de la Marine nationale, une nappe d'hydrocarbures a été localisée», a-t-elle annoncé, précisant que la nappe s'étendait sur une dizaine de kilomètres de long pour un kilomètre de large.

Le préfet maritime de l'Atlantique, le vice-amiral d'escadre Jean-Louis Lozier, a ordonné l'appareillage depuis Brest du navire spécialisé dans la lutte antipollution «BSAA Argonaute».

Il était attendu sur zone dans la matinée du jeudi jeudi 14 mars a précisé la préfecture maritime, ajoutant avoir également sollicité le concours des moyens de lutte antipollution de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA).

Dans le même temps, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a sur france info, indiqué que «la nappe d'hydrocarbures [...] pourrait toucher le littoral français vers dimanche soir ou lundi», avant d'ajouter, plus tard, que «l'Etat fait tout pour réduire l'impact sur les côtes de la pollution».

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