Discrimination pour port du voile : La responsable d’un magasin mise à pied

Mardi, une jeune femme a diffusé, sur Twitter, une vidéo dans laquelle elle explique s'être vue refuser sa candidature parce qu'elle était voilée. Mardi, une jeune femme a diffusé, sur Twitter, une vidéo dans laquelle elle explique s'être vue refuser sa candidature parce qu'elle était voilée. [Capture Twitter]

Après des accusations de discrimination à l'embauche envers une femme voilée, la responsable d'un magasin Etam dans le centre-ville de Montpellier a été «mise à pied à titre conservatoire».

Le groupe a annoncé cette décision via un communiqué, publié mercredi 13 mars sur les réseaux sociaux.

Cette mesure fait suite à une vidéo diffusée mardi par une jeune femme, sur Twitter, dans laquelle elle explique s'être rendue dans ce magasin pour proposer sa candidature spontanée à un poste de vendeuse, ce à quoi la responsable lui aurait répondu : «Non mais c'est une blague, j'espère que vous n'êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée et vous me demandez un travail, en plus ça fait même pas deux jours, c'était la [journée des droits des femmes] !»

«Je n'accepte pas les voilées»

«Moi j'étais tellement choquée que j'étais bloquée. Je ne savais pas quoi dire. Tout le monde me regardait. Tout le monde était choqué mais personne [n'a osé] parler», raconte la jeune femme dans sa vidéo.

«Je la regarde et je lui dis : c'est quoi le rapport entre la [journée des droits des femmes], le voile et le travail ? poursuit-elle dans la vidéo qu'elle a postée sur les réseaux sociaux. Elle me dit : 'Déjà vous ne vous présentez pas comme ça dans mon magasin pour demander une embauche, vous devez enlever votre voile avant de rentrer. Et je suis désolée, mais moi je n'accepte pas les voilées'», poursuit-elle.

«J'avais les larmes aux yeux, parce que j'avais tellement la haine contre elle, témoigne-elle dans sa vidéo. Vous êtes une raciste : c'est tout ce que j'ai pu dire. (...) Et quand je lui ai dit ça, elle a rajouté 'Non, je ne suis pas raciste, je suis féministe'. Mais ça ce n'est pas du féminisme !»

Suite à cette expérience difficile, Oumaima dit être «bloquée» dans ses démarches. «Je n'arrive même pas à aller dans d'autres magasins pour déposer ma candidature. (...) C'est ça être une femme voilée en France. Ce qui me tue, c'est qu'ils disent toujours Egalité, Fraternité, etc, mais il n'y a rien de ça. (...) Elle n'a même pas eu honte de dire ça devant ses clients. Je ne comprends pas», déplore-t-elle. La jeune femme explique diffuser son histoire «pour montrer à quel point il est difficile de vivre, étudier, travailler en France avec un voile».

En parallèle de la mise à pied à titre conservatoire de la responsable du magasin de Montpellier, Etam a également «déclenché un processus d'enquête interne pour déterminer les faits avec précision» et a «décidé de renouveler la sensibilisation de [ses] équipes, par une formation de [ses] responsables de magasin, à la question du recrutement tel qu'il doit se dérouler chez Etam».

La jeune femme a également été contactée par la marque, qui s'engage «à ce que sa candidature fasse l'objet d'un traitement équitable», rappelant que le recrutement dans l'entreprise se fait sur «la seule base des compétences et non de l'appartenance religieuse ou politique», tout en précisant qu'elle demande à ses «employés en contact avec [ses] clients» de «respecter dans le cadre de leur fonction une totale neutralité dans leur expression comme dans leur apparence».

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