Entre «gilets jaunes» et grand débat, CGT et FO veulent faire entendre leur voix

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors de la manifestation du 5 février 2019 [Alain JOCARD / AFP/Archives] Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors de la manifestation du 5 février 2019. [Alain JOCARD / AFP/Archives]

CGT et FO, qui ont boycotté le grand débat, tenteront de faire entendre mardi leurs revendications sur le pouvoir d'achat lors d'une journée d'action qui se déroule trois jours après les violences des «gilets jaunes» et une manifestation massive pour le climat.

Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Unef (étudiants) et UNL (lycéens) ont également appelé à participer à cette mobilisation nationale interprofessionnelle qui touchera aussi bien le public que le privé afin d'«amplifier le mouvement social». Le Parti communiste a également annoncé sa participation.

A Paris, les manifestants défileront du boulevard Saint-Michel au Champ-de-Mars à partir de 13H00, avec en tête Philippe Martinez pour la CGT et Yves Veyrier pour FO.

Eclipsés depuis quatre mois par les «gilets jaunes» et n'ayant pas participé au grand débat initié par l'exécutif, les deux syndicats espèrent revenir au premier plan par les manifestations et les grèves.

«Nous sommes déterminés à nous mobiliser car nous ne voulons pas être spectateurs, ni caution de décisions qui pourraient être prises en matière sociale à l'issue du grand débat», a expliqué Yves Veyrier. Il juge notamment nécessaire de «réhabiliter la grève», qui n'a pas été utilisée par «les gilets jaunes», alors «qu'elle permet d'obliger les employeurs à se mettre autour de la table».

De même, la CGT veut «placer le débat où il doit être», notamment par «des actions dans l'entreprise et dans la rue» alors que «depuis plusieurs semaines, les questions de pouvoir d'achat (et donc des salaires), de justice fiscale, d'accès aux services publics sont clairement posées».

Gilets jaunes et militants CGT mêlés à Perpignan le 5 février 2019 [RAYMOND ROIG / AFP/Archives]
Gilets jaunes et militants CGT mêlés à Perpignan le 5 février 2019 [RAYMOND ROIG / AFP/Archives]

Lors de la dernière journée le 5 février, le ministère de l'Intérieur avait recensé 137.200 manifestants et la CGT près de 300.000. Des militants Force ouvrière étaient présents dans ces manifestations mais pas la confédération en tant que telle, fragilisée ces derniers mois par sa crise interne marquée par le départ de Pascal Pavageau, le prédécesseur d'Yves Veyrier.

Cette journée avait été aussi marquée par la présence pour la première fois au sein des cortèges syndicaux de «gilets jaunes», un «début de convergence» qui avait réjoui la CGT.

Grève au primaire

Sans avancer de chiffres pour ce mardi, le numéro un de FO dit avoir de «très bons échos de la mobilisation» même si «cela aurait eu plus de force» avec la participation des autres syndicats, notamment la CFDT.

Edouard Philippe et Christophe Castaner lors d'une conférence de presse à Matignon, le 18 mars 2019 [Bertrand GUAY / AFP]
Edouard Philippe et Christophe Castaner lors d'une conférence de presse à Matignon, le 18 mars 2019 [Bertrand GUAY / AFP]

Comme les fois précédentes, le premier syndicat français, qui a fait le choix de participer au grand débat, ne s'associera pas à cette journée d'action dont elle juge les revendications trop éparses.

La mobilisation devrait notamment être forte dans l'enseignement primaire où le principal syndicat, le Snuipp-FSU, s'attend à ce que quatre professeurs des écoles sur dix ne fassent pas classe.

Les enseignants «se sont saisis de cette journée pour protester contre l'orientation de la politique éducative», indique Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat, notamment le manque de moyens découlant de l'obligation de scolarisation à 3 ans votée dans le projet de loi «sur l'école de la confiance». Crèches, accueils périscolaires et cantines scolaires pourraient être aussi touchés selon les communes.

Dans les transports, le trafic sera en revanche normal à la SNCF et quasi normal à la RATP, selon les directions des deux entreprises.

Les syndicats de Pôle emploi ont également appelé à la grève pour protester contre les suppressions de postes chez l'opérateur public.

Trois jours après les violences et les pillages sur les Champs-Elysées, le bon déroulé de la manifestation parisienne sera également suivi de près. Édouard Philippe a annoncé lundi soir l'interdiction de manifester «chaque fois qu'il le faudra», dans les quartiers «les plus touchés», «dès lors que nous aurons connaissance d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser».

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