Deux hôpitaux français autorisés à pratiquer la greffe de l'utérus

Environ dix bébés sont nés grâce à cette procédure depuis 2014. [LOIC VENANCE / AFP]

La greffe d'utérus est sur le point d'être une réalité en France : ce jeudi 21 mars, pour la première fois, deux hôpitaux ont obtenu l'autorisation de réaliser cette opération.

Ces sont les équipes du CHU de Limoges (Haute-Vienne) et de l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) qui ont été choisies. Elles pourront pratiquer cette greffe sur des femmes nées sans utérus, ou qui l'ont perdu suite à des complications médicales, et qui souhaitent avoir un enfant. Les utérus sont retirés après les grossesses, pour éviter tout risque de rejet. 

Dix greffes à Suresnes

Le professeur Jean-Marc Ayoub, qui dirige le service de gynéco-obstétrique de l'hôpital Foch, a reçu l'autorisation pour dix greffes avec des donneuses vivantes, selon les informations de France inter. Mais pour qu'elles soient possibles, les patientes doivent correspondre à plusieurs critères : «Pour la patiente receveuse, c'est de 20 à 36 ans. Pour la donneuse, c'est entre 40 et 65 ans», a-t-il expliqué. «Il s'agit souvent de mère - fille ou entre deux sœurs. C'est en tout cas une donneuse apparentée, c'est pour éviter le chantage financier, et même le chantage psychologique», a-t-il ajouté. 

L'équipe de l'hôpital Foch travaille en étroite collaboration avec une équipe suédoise, qui a réalisé la première greffe d'utérus à Göteborg en 2014. Ensemble, ils ont mis au point une précédure intégrant notamment la robotique : «Nous avons apporté notre expertise en terme de chirurgie robotique. Le prélèvement de l'utérus était fait par une chirurgie classique, c'est-à-dire par ouverture du ventre et prélèvement de l'utérus. L'équipe suédoise a intégré le prélèvement de l'utérus par chirurgie robotique, nous avons participé à faire avancer la technique chirurgicale pour le prélèvement de l'utérus chez la donneuse», a précisé le professeur Ayoub. 

La première greffe d'utérus a été pratiquée en 1931, en Allemagne. La patiente était décédée trois mois après l'opération, suite à des complications. Au fil des décennies, la procédure s'est améliorée, mais il a fallu attendre 2014 pour que le premier bébé conçu grâce à un utérus transplanté, baptisé Vincent, voit le jour en Suède. Depuis, environ dix bébés sont nés grâce à cette procédure. 

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