Pollution de l'air : les enfants étouffent

Un quart des écoles parisiennes dépasse les seuils légaux de concentration en dioxyde d’azote, selon une étude. Un quart des écoles parisiennes dépasse les seuils légaux de concentration en dioxyde d’azote, selon une étude. [CHARLY TRIBALLEAU / AFP]

Alerte rouge pour les têtes blondes. Dans un rapport alarmant publié ce jeudi 4 avril, l’Unicef France affirme que plus de trois enfants sur quatre respirent un air toxique dans l’Hexagone.

Selon l’agence de l’ONU, cette exposition à la pollution de l’air, principalement due au trafic routier, a «des effets délétères et durables sur [leur] santé». Il est plus que jamais temps de sensibiliser la ­population sur les risques d’une atmosphère polluée pour les enfants, particulièrement fragiles.

Des populations très exposées

Les plus jeunes sont en outre extrêmement exposés à la pollution de l’air dans ou aux abords de leur école. Dans son rapport, l’Unicef cite notamment la cartographie réalisée par l’asso­ciation Respire, rendue publique le 28 mars. D’après ses calculs, un quart des établissements scolaires parisiens se situent dans une zone dépassant les seuils légaux de concentration en dioxyde d’azote (NO2), l’un des principaux polluants présents dans l’atmosphère. A Marseille, cette concentration inquiétante de NO2 concerne 22 % des écoles et crèches, et un tiers à Strasbourg, selon des analyses menées par l’ONG Greenpeace parues récemment.

Le problème est d’autant plus alarmant que les poumons et les bronches des enfants s’avèrent plus vulnérables que ceux des adultes face à la pollution de l’air. Ils ont en effet «une fréquence respiratoire environ une fois et demie plus élevée, ce qui augmente les quantités d’air – et donc de polluants – ­potentiellement inhalés», explique l’étude de l’Unicef. Sans compter que leur organisme n’est pas encore mature.

Autre facteur aggravant, ils sont davantage exposés à la pollution que leurs parents, car ils passent souvent plus de temps en extérieur (récréations, pauses déjeuner, activités périscolaires) et sont plus proches des pots d’échappement en raison de leur petite taille. Une menace susceptible de provoquer de l’asthme, de l’eczéma, d’aggraver d’autres pathologies respiratoires, voire de provoquer des allergies, en fragilisant le système immunitaire.

Une étude britannique publiée en ­février a même montré que les enfants grandissant dans un environnement pollué auraient trois à quatre fois plus de risques de développer ensuite un trouble dépressif. Voire pire. Selon l’OMS, 600 000 enfants de moins de 15 ans meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution de l’air.

Des mesures à mettre en œuvre

Pour contrer le phénomène et préserver la santé des plus jeunes, l’Unicef ­appelle donc les villes françaises à ­généraliser les «zones à faibles émissions», c’est-à-dire à interdire l’accès des véhicules trop polluants à une ­partie de leur espace, en particulier les zones abritant des établissements ­accueillant des publics fragiles (écoles, crèches, hôpitaux). Une mesure qui existe déjà dans l’Hexagone, mais qui reste encore trop peu utilisée, selon l’agence de l’ONU.

Cette politique ­volontariste doit en outre aller de pair avec le développement par l’Etat de mobilités plus propres (transports en commun, vélo…). Un objectif qui ­figure justement en bonne place dans le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), actuellement en examen au Parlement.

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