Cocktails molotov et boucheries vandalisées : prison ferme contre des antispécistes

Un couple de militants s'est montré particulièrement violent (image d'illustration).[PATRICK HERTZOG / AFP]

Vitrines brisées et taguées, tentatives d'incendies… Deux activistes antispécistes ont été condamnés à 6 et 10 mois de prison ferme, après une série d’actions violentes contre des boucheries, restaurants ou commerces de Lille.

Le tribunal correctionnel a donc suivi les réquisitions du parquet, dans ce jugement très attendu. Les peines sont néanmoins aménageables, et assorties d'une mise à l'épreuve de trois ans. Ils doivent également indemniser les victimes pour les préjudices subis, soit plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Cyrille, médiateur social de 23 ans, et Mathilde, auxiliaire de puériculture de 29 ans, étaient poursuivis pour une quinzaine de délits, perpétrés entre la fin d'année dernière et février 2019. Le couple, qui avait reconnu la plupart des faits durant le procès, organisait des expéditions nocturnes durant lesquelles il brisait et taguait des vitrines.

«T’as compris ?»

Armés de pavés, de pierres ou à l’aide d’un marteau, les jeunes gens fracassaient les devantures des commerces qu’ils associaient à la vente de viande ou de fourrure, avant d’y peinturer des inscriptions comme «Stop spécisme», «Assassins» ou «Leur peau, pas la vôtre». Ils avaient même provoqué des départs d’incendie à l’aide de bidons d’essence et de cocktails molotov, dans plusieurs restaurants, dont un fast food. La jeune femme, qui a affirmé ne pas avoir été là lors d’un de ces actes, a reçu une peine moins importante que son compagnon.

Le couple revenait parfois sur les lieux de leurs méfaits en écrivant sur les devantures, déjà vandalisées, «T’as compris ?».

une escalade de violences

Identifiés grâce à des images de vidéosurveillance et des relevés téléphoniques, ils s’étaient expliqués lors du procès : «Je voulais faire entendre la voix des antispécistes, (…) je me sentais incomprise», dévrivait Mathilde. Indiquant ne pas avoir pris conscience de la gravité de ses actes, elle ajoutait ne jamais avoir eu l’intention de s’en prendre à des personnes, uniquement à du matériel. Un discours partagé par son compagnon, qui regrettait ses gestes et assurait ne jamais avoir eu envie de blesser quelqu’un.

De leur côté, les bouchers et commerçants victimes des dégradations avaient dénoncé la gravité des actes et l’escalade de violences. L’avocat d’un restaurateur n’avait pas hésité à parler de «criminels» et de «terroristes».

Deux autres prévenues, une femme soupçonnée de complicité et une autre, soupçonnée d'avoir participé à l'un des faits, ont été condamnées à six mois d'emprisonnement avec sursis.

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