Plan national de prévention de la radicalisation : le gouvernement fait le bilan

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a présenté, jeudi 11 avril, les résultats de sa politique de prévention de la radicalisation, menée depuis un an. [FREDERICK FLORIN AFP]

Un peu plus d'un an après le lancement de son plan national de prévention de la radicalisation (PNPR), intitulé «Prévenir pour Protéger», le Premier ministre, Edouard Philippe, était en déplacement à Strasbourg (Bas-Rhin), jeudi 11 avril, afin d'en dresser un premier bilan.

Accompagné d'une importante délégation composée de huit autres ministres, dont la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, ou le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le chef du gouvernement a ainsi souhaité assurer les Français de la pleine mobilisation de l'Etat. 

Après avoir présidé un comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, dans le quartier du Neuhof, au sud-est de la capitale alsacienne, Edouard Philippe a, surtout, prononcé un discours très attendu dans lequel il a livré de premiers résultats concrets sur la politique menée en la matière depuis un an.

Depuis février 2018, date à laquelle le plan d'action gouvernemental a été introduit, «quatre écoles hors-contrat, sept lieux de culte, huit établissements culturels ou associatifs, ainsi que 89 débits de boissons ont ainsi été fermés».

En outre «près de 300»  étrangers en situation irrégulière inscrits dans le fichier de signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ont été expulsés «ou ont quitté volontairement le territoire national», a-t-il ajouté.

La veille, Matignon avait déjà indiqué que sur les 1.060 faits d'atteinte à la laïcité recensés en un an dans les écoles du pays, 80 % de ces incidents ont donné lieu à une réponse de la part des équipes éducatives mobilisées au sein des «cellules laïcité», mises en place par Jean-Michel Blanquer.

Fixer le cap d'une nouvelle stratégie de prévention de la délinquance

Mais en réunissant ce comité à Strasbourg, quatre mois après l'attaque qui a tué cinq personnes sur le marché de Noël de la ville, le but d'Edouard Philippe, était aussi, selon ses propres termes, de «tirer les leçons de cet attentat», afin de renforcer, en amont, la prise en charge des jeunes délinquants et des prisonniers qui évoluent vers la radicalisation.

Et de rappeler ainsi l'exemple du terroriste impliqué, Chérif C, qui a cumulé les délits dès son plus jeune âge avant de passer par la prison et de basculer dans le terrorisme islamiste.

«Signalé à 8 ans par l’Education nationale, condamné pour la première fois à 14 ans, 24 peines de prisons, y compris en Suisse et en Allemagne. Ce que met en évidence son passage à l’acte c’est l’incapacité des acteurs à freiner une dérive délinquante qui s’est 'in fine' confondue avec la radicalisation. J’ai donc voulu que nous nous dotions d’une nouvelle stratégie de prévention de la délinquance. Cette stratégie devra être cohérente avec les autres politiques publiques. Le décrochage d’un enfant s’explique par des facteurs multiples», a plaidé le Premier ministre. 

Alors que le précédent plan ciblait les 12-25 ans, l'idée du gouvernement est donc d'intervenir «plus tôt et plus vite».  Une concertation avec les principales associations d'élus, afin d'associer tous les maillons à cette nouvelle stratégie, a, en ce sens, été lancée.

«Nous devons trouver ces jeunes, ces décrocheurs, là où ils sont, souvent dans la rue, sur internet. Il y a beaucoup à faire pour améliorer le travail de médiation nocturne, itinérant, sur internet», a fait valoir Edouard Philippe.

Prévue pour durer plusieurs semaines, de premières mesures de cette concertation devraient être annoncées dès cet été.

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