Grand débat : ce que devait annoncer Emmanuel Macron

L'incendie qui s'est déclaré lundi soir dans la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris a poussé Emmanuel Macron à reporter sine die son allocution post-grand débat national. Voici ce qu'il devait annoncer.

Présentée comme le grand tournant, voire un quitte ou double pour son quinquennat, cette intervention a été enregistrée lundi en début de soirée. Mais le discours aurait fuité, comme le révèle RTL. «L'Elysée ne confirme ni ne commente les fuites dans la presse au sujet de la sortie du grand débat national», a réagi la présidence, après la diffusion des principaux points du texte.

Des mesures envisagées pour reconstruire «un monde plus humain» et «préserver le modèle français», selon le chef de l'Etat. Reste à savoir si elles vont convaincre les Français, à commencer par les gilets jaunes.

Une baisse de l'impôt sur le revenu

En réponse à «l'exaspération fiscale» citée par Matignon, les classes moyennes seraient les premières concernées, selon le projet d'allocution. La baisse de l'impôt sur le revenu, potentiellement financée par «la suppression de certaines niches fiscales», serait marquée par l'instauration de nouvelles tranches (éventuellement 5 et 10 %, contre 14, 30, 41 et 45 % actuellement). L'objectif ? Rendre l'impôt plus progressif.

la Réindexation de retraites sur l'inflation

Autre annonce envisagée, la réindexation des retraites de moins de 2.000 euros sur l'inflation dès 2020. Pas moins de 88 % des Français y sont favorables. L'augmentation des pensions de retraite est en ce moment limitée à 0,3 %, alors que l'inflation était de 1,8% en 2018 et devrait atteindre les 1,3 % en 2019.

la Suspension des fermetures d'écoles et d'hôpitaux

Face à l'injustice territoriale, l'Elysée aurait décidé de suspendre toutes les fermetures d'écoles et d'hôpitaux «jusqu'à la fin du quinquennat». Des promesses qui s'inscriraient dans «un nouvel acte de notre décentralisation», notamment avec «plus de fonctionnaires sur le terrain, avec davantage de responsabilités», «et moins de fonctionnaires à Paris pour écrire des normes ou créer des règles».

DES RÉFÉRENDUMS LOCAUX

Le référendum d'initiative citoyenne (Ric), plébiscité par les gilets jaunes, pourrait bien voir le jour, mais seulement sur des sujets strictement locaux. En revanche, le référendum d'initiative partagée, qui figure déjà dans la Constitution, serait facilité. Aujourd'hui, un cinquième des parlementaires (185) et 4,5 millions de citoyens (10 % des électeurs) sont nécessaires pour enclencher le «Rip».

LA SUPPRESSION DE L'ENA

C'est LA mesure symbolique pour répondre aux critiques concernant l'entresoi des élites et leur déconnexion par rapport au quotidien des Français : la disparition de l'Ecole nationale d'admnistration, dont Emmanuel Macron est sorti diplômé en 2004.

La prime exceptionnelle «pérénisée»

Parmi les mesures en faveur du pouvoir d'achat, le texte mentionne également que la prime exceptionnelle de 1.000 euros défiscalisée et sans cotisations sociales, décidée fin décembre 2018, va être «pérennisée» et ouverte aux employeurs «chaque année».

des lignes rouges confirmées ?

Selon le projet d'allocution qui a fuité, le président devrait en revanche refuser un certain nombre de revendications, pourtant plébiscitées au vu des différents sondages. A priori, ce serait ainsi «non» au rétablissement de l'ISF, à la TVA à 0 % sur les produits de première nécessité, la fin de la limitation à 80 km/h, l'introduction d'une dose de proportionnelle, la prise en compte du vote blanc, la suppression des avantages des anciens Présidents, la refonte de la taxation des héritages... Sans compter que le sujet de l'écologie ne serait pas du tout au programme, à en croire ces premiers jets.

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