Elections européennes : les propositions des partis sur l'écologie

Le développement des énergies renouvelables, telles que l'éolien, fait partie du programme de plusieurs partis. Le développement des énergies renouvelables, telles que l'éolien, fait partie du programme de plusieurs partis. [PASCAL GUYOT / AFP]

L'écologie s'est imposée comme l'un des thèmes centraux de la campagne des élections européennes, qui se tiendront en France le 26 mai prochain. Elle apparaît dans tous les programmes des partis, à des degrés divers d'importance.

Ils se montrent les plus «verts»

La liste Europe Ecologie Les Verts (EELV) est sans surprise l'une des plus entreprenantes sur la problématique environnementale. Elle propose notamment d'adopter un traité environnemental européen, qui ferait de l'écologie la norme conditionnant toutes les politiques publiques. Elle souhaite aussi mettre en place une banque européenne du climat et de la biodiversité, et un «Green New Deal» au niveau européen, c'est-à-dire un plan d'investissement de 100 milliards d'euros pour «l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable».

Une idée que l'on retrouve aussi dans le programme de la liste de gauche Génération.s. Mais le montant y est plus élevé : 500 milliards d'euros par an, pour «libérer l’Europe des énergies fossiles à l’horizon 2050». La liste de Benoît Hamon se veut elle aussi «écologiste», puisqu'elle propose par ailleurs la création d'une cour européenne de l'environnement, pour juger «les responsables de crimes contre la biodiversité et le vivant». EELV propose de son côté la reconnaissance des crimes d' «écocides» (les crimes contre l'environnement), mais, à la différence de Génération.s, souhaite que les tribunaux européens puissent les juger.

Autre liste qui insiste sur l'écologie, celle du Parti socialiste (PS) et de Place publique. Elle souhaite mettre en place un «Pacte Finance-Climat-Biodiversité», qui prévoit notamment (comme chez EELV et Génération.s) un plan d'investissement dans la transition écologique de 400 milliards d'euros par an (dont 50 à 60 milliards pour la France), à travers la création d'une banque européenne pour le climat et le biodiversité.

Banque du climat et plan d'investissement en faveur de la transition écologique (d'au moins 1 000 milliards d'euros d'ici à 2024) figurent aussi dans le programme de la liste La République en marche (LREM), dont la caution écolo est son numéro 2 Pascal Canfin, ancien directeur de l'ONG environnementale WWF France. Tout comme l'instauration d'une taxe carbone sur les produits importés en Europe.

Plutôt qu'un plan d'investissement, l'UDI appelle de son côté à mettre en place un livret d'épargne environnemental européen, qui permettra «d’investir 200 milliards d’euros pour financer de grands projets environnementaux et d’avenir en Europe», tels qu'un plan pour l'hydrogène ou des mesures de rénovation thermique.

La France insoumise (LFI) préfère, de son côté, axer sa campagne sur l'instauration de la «règle verte» au niveau européen, c’est-à-dire l’interdiction de prendre à la planète davantage que ce qu’elle est capable de supporter. Mais, comme Génération.s, elle soutient «la proposition d’un tribunal international de justice climatique et contre les écocides (crimes écologiques) pour juger Etats et multinationales».

Pour le Parti communiste (PCF), il s'agit plutôt d'élaborer au niveau européen «une stratégie industrielle écologiquement soutenable» et d'axer aussi les efforts sur la rénovation énergétique des bâtiments.

Ils se «verdissent» mais ce n'est pas leur priorité

L'écologie est loin d'être la priorité à droite et à l'extrême droite, les partis se concentrant davantage sur les questions d'immigration et de sécurité. LR entend tout de même «instaurer une barrière écologique, avec la mise en oeuvre de droits de douane anti-pollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales».

Une mesure que l'on retrouve dans le programme de Debout la France, qui appelle à «instaurer des droits de douane 'anti-pollution' aux frontières de l’Europe».

Idem au Rassemblement national (RN), qui prône le «localisme», par une surtaxe des «importations anti-écologiques». Empruntant un virage écologique, la formation d'extrême droite promeut également le «juste échange», qui vise à réintégrer les exigences sociales et environnementales dans les échanges commerciaux internationaux.

Quant aux Patriotes de Florian Philippot, dont le programme est basé sur la sortie de l'UE, ils appellent à sortir des pesticides en cinq ans et à détaxer le bio, afin de «sauver» l'agriculture française.

Du côté de l'UPR de François Asselineau, la sortie de l'UE est un préalable à toute politique écologique.

Enfin, pour le parti d'extrême gauche Lutte ouvrière (LO), c'est la fin du capitalisme qui est «la seule manière conséquente de se battre pour une société respectueuse de son environnement».

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