Le Charles-de-Gaulle Express va-t-il être reporté après les JO 2024 ?

Le train doit relier la gare de l'Est, à Paris, et l’aéroport de Roissy. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Le Charles-de-Gaulle Express, censé relier directement Paris à l'aéroport de Roissy pour les JO 2024, suscite de nombreuses oppositions et pourrait ainsi être retardé de plus d'un an.

Le projet a été au cœur de l'audition du préfet de région Michel Cadot par le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, ce lundi 13 mai 2019. Le représentant de l'Etat en Ile-de-France a exposé les deux scénarios alternatifs qu'il a prévu pour la construction de ce train direct entre la gare de l'Est dans le centre de la capitale et le terminal 2 de Roissy.

Le CDG Express subit en effet des critiques depuis plusieurs mois de la part d'élus et de Franciliens, pour deux raisons. La première : en raison des 1,8 milliard d'euros nécessaires à sa construction, il est accusé d'être «le train des riches», au détriment des investissements dans les transports du quotidien. Et surtout, les travaux de construction pénaliseraient les 15 lourds chantiers déjà prévus sur le réseau du nord de la région parisienne – l'un des plus chargés d'Europe – en faveur des trains de banlieue et des RER.

Le 18 avril dernier, Michel Cadot a ainsi remis au gouvernement un rapport avec deux alternatives. La première prévoit l'entrée en fonction du CDG Express en 2024, avec quatre mois de retard sur le calendrier initial mais encore à temps pour les Jeux Olympiques de Paris. En contrepartie, cela imposera de lourdes contraintes, avec par exemple «des fermetures de ligne deux ou trois semaines pendant l'été en 2023 et en 2025», a prévenu le préfet. «Et l'exploitation restera perturbée sur les transports du quotidien pendant dix-huit mois après sa mise en service», a-t-il précisé.

Le second scénario, défendu par de nombreux élus, prévoit une livraison du nouveau train en décembre 2025. «Moins contraignant, il entraînerait moins de tensions et moins de coupures», a détaillé Michel Cadot. Les fermetures de lignes auraient alors plus souvent lieu pendant les week-end, soit des périodes souvent moins pénalisantes pour les usagers. En revanche, cette version décalée serait plus coûteuse pour l'Etat.

«Un volume de travaux inédit»

Mais même si le premier scénario était choisi, le préfet d'Ile-de-France n'a pas écarté le risque que le CDG Express ne soit pas prêt pour les JO, en raison des retards qui seraient engendrés par «un volume de travaux inédit», comparable «à quand on a fait le métro parisien il y a cent ans», a averti Michel Cadot.

Ce lundi 13 mai, Valérie Pécresse, la présidente d'IDF Mobilités et de la région, s'est fortement engagée en faveur du report du projet : «sa réalisation sans décalage de deux ans serait en totale contradiction avec l’affichage du gouvernement sur la priorité donnée aux transports du quotidien». L'élue LR a ainsi mis en garde contre une «décision perdant-perdant avec l’assurance de ne pas tenir l’échéance des JO, compte-tenu du planning extrêmement tendu, et la dégradation inacceptable des conditions de transport des Franciliens.»

Emmanuel Macron et Edouard Philippe devraient trancher dans les tous prochains jours. A terme, le trajet du CDG Express entre Paris et Roissy devrait durer une vingtaine de minutes et coûter 24 euros.

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