Arrêt des soins de Vincent Lambert : les réactions

Viviane et Pierre Lambert, les parents de Vincent Lambert, ne cessent de plaider pour un maintien des soins de leur fils en plus de demander son transfert vers une autre structure. [François NASCIMBENI / AFP]

Alors que l’arrêt des soins de Vincent Lambert, du nom de ce patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, a débuté lundi matin au CHU de Reims (Marne), les réactions se multiplient.

Au premier rang de celles-ci, celle des parents, et plus particulièrement de la mère du patient, qui, depuis hier, s'indignent du traitement réservé à leur fils et ont, à nouveau saisi, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) et la Cour d'appel de Paris.

S'opposant farouchement à l'arrêt des traitements, ils réclament ainsi le maintien en vie de leur fils et son transfert vers une structure spécialisée.

Catholiques pratiquants et fervents, ils ont d'ailleurs reçu, dès lundi, un soutien à peine voilé du Pape François.

Dans un message publié sur Twitter, le Souverain pontife, bien que prenant le soin de ne pas nommer Vincent Lambert, n'a pas mâché ses mots pour réaffirmer son attachement à la vie.

«Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet», a-t-il ainsi écrit, quelques heures seulement après l'annonce de l'arrêt des soins.

La classe politique divisée

Par la voix de leurs avocats, Maîtres Jean Paillot et Jérôme Triomphe, les parents de Vincent Lambert avaient également demandé, samedi dernier, l'intervention d'Emmanuel Macron, le président de la République considéré désormais, selon eux, comme étant «le seul à pouvoir intervenir» en leur faveur.

Ce lundi, dans une longue lettre publiée sur Facebook, le chef de l'Etat a toutefois estimé «qu'il ne lui appartenait pas de suspendre l'arrêt des traitements».

Interrogé dimanche lors du grand jury RTL/Le Figaro/LCI, François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, avait de son côté demandé «qu'on se laisse le temps», dans le dossier Vincent Lambert.

«Il y a aujourd'hui 1.500 patients français qui sont dans des situations proches de la sienne, des instituts spécialisés proposent d'accueillir Vincent Lambert, j'ai du mal à comprendre qu'on se précipite», a ainsi déclaré le professeur de philosophie, tout en soulignant qu'il s'agit «d'une question complexe», en plus d'exprimer «sa compassion» pour les «parents qui vivent ce compte à rebours qui a quelque chose d'atroce».

«Je crois que (Emmanuel Macron) devrait intervenir, je crois qu'il devrait donner son sentiment sur cette question fondamentale», a aussi plaidé la tête de liste des Républicains qui a jugé que «derrière Vincent Lambert, c'est la question de notre rapport à l'extrême dépendance qui se joue».

«Le président de la République ne veut pas aller à l'encontre de décisions de justice, il peut simplement donner sa grâce à un condamné, ce qui est très différent de ce que les parents de Vincent Lambert demandent», avait de son côté réagi sur France 3 Nathalie Loiseau, tête de liste de liste LREM aux Européennes.

«Je me mets à la place de ses parents, je pense qu'ils vivent une tragédie, je pense que personne ne peut juger, que c'est très douloureux, que rien de tout cela n'est simple, mais je ne suis ni juge, ni médecin, donc je n'ai pas à dire ce que je pense de cette affaire», a-t-elle ajouté.

Ce lundi, Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique au scrutin européen de dimanche prochain, s'est, lui, prononcé en faveur de l'arrêt des soins.

«Je pense qu'il faut faire confiance aux médecins, il faut faire confiance à la justice de notre pays, il faut faire confiance aux institutions européennes, donc arrêter le traitement", a-t-il déclaré sur CNEWS. La tête de liste LFI Manon Aubry s'est aussi rangée derrière les décisions de justice. 

«Au-delà du cas de Vincent Lambert, il faudrait qu'on puisse se pencher sobrement et sérieusement sur la fin de vie", a de son côté estimé Benoît Hamon, qui s'est dit favorable au «suicide assisté».

La tête de liste EELV Yannick Jadot a, lui, renvoyé à la loi belge qui prévoit que la décision revient au conjoint puis aux enfants adultes s'il y en a et enfin aux parents, en cas d'absence de directives anticipées. Jordan Bardella (RN) a dit préférer que soit pris en compte l'avis des parents.

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