Une «île» de plastique découverte au large de la Corse

Plus de 6 millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans chaque année, selon le Forum économique mondial. Plus de 6 millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans chaque année, selon le Forum économique mondial. [© Martin BERNETTI / AFP]

La mer Méditerranée compte une nouvelle île, longue de plusieurs kilomètres entre la Corse et l'île d'Elbe. Sa particularité : elle est faite de déchets plastiques, résultat des années d'incivisme de particuliers et d'entreprises.

Sacs, gobelets, bouteilles, barquettes alimentaires... Portés par les courants, quelques centaines de tonnes de détritus en plastique, sous forme de micro-fragments, sont actuellement en train de dériver au gré des courants entre les côtes corses et italiennes. «Le risque est qu'en cas de conditions météorologiques défavorables, comme un vent nord-ouest, on voit s'échouer une quantité massive de déchets sur les plages corses», explique François Galgani, responsable de l'Ifremer à Bastia, au micro de France Bleu RCFM.

Un phénomène qui, d'après lui, n'est pas nouveau : «C'est une situation chronique, c'est-à-dire que la disposition des courants fait que, régulièrement, on a de très très fortes concentrations dans cette zone-là.» Le désastre écologique rappelle le «septième continent de plastique», ces «îles» de déchets qui, plus grandes que la France, l'Allemagne et l'Espagne réunies, «flottent» dans le Pacifique et l'Atlantique. Sauf que, selon l'Ifremer, il s'agit cette fois, en Méditerranée, de «zones d'accumulations temporaires, de l'ordre de quelques jours ou de quelques semaines, au maximum de deux-trois mois, mais jamais permanentes».

Cette nouvelle île sans beauté inquiète d'autant plus qu'un éventuel nettoyage de la zone n'est pas envisageable, les détritus qui flottent n'étant pas recyclables, car trop dégradés et trop hétérogènes.

«UNE VÉRITABLE SOUPE DE PLASTIQUES»

Les incidents en mer liés à la pollution plastique se sont multipliés ces dernières années. Vendredi dernier, c'est une baleine qui a été retrouvée morte en Sicile, l'estomac rempli de plastique – le cinquième cas en cinq mois rien qu'en Italie, selon Greenpeace. En cause, les 6,5 millions (au bas mot) de tonnes de déchets plastiques qui finissent à la mer chaque année, selon le Forum économique mondial. D'où la triste prédiction : il y aura davantage de plastique que de poissons dans les océans d'ici à 2050.

«Il y a des endroits où l'on a une véritable soupe de plastiques», commente Océane Couturier, membre de l'association Mer et Vivre, à propos du phénomène corse. Et le plus inquiétant, selon elle, est de retrouver ces déchets dans la chaîne alimentaire : «Ce plastique va s'accumuler dans les tissus des poissons et diffuser ses produits toxiques. Et nous, derrière, on va manger ces poissons.» A tel point que les microplastiques se révèlent omniprésents dans les excréments humains, selon une récente étude autrichienne. Une information difficile à digérer.

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