Tout savoir sur le conseil de défense écologique d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron lors du grand débat centré sur l'écologie à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) Emmanuel Macron lors du grand débat centré sur l'écologie à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)[Claude Paris / POOL / AFP]

Le début des actes pour la planète ? Alors qu'il donnait sa conférence de presse pour fixer le cap du gouvernement après le grand débat national, Emmanuel Macron a annoncé le 25 avril la création d'un «conseil de défense écologique» (CDE) pour répondre à la crise climatique. Ce nouvel organe se réunira le 23 mai à l'Élysée pour la première fois.

Quel fonctionnement ?

Le CDE sera donc une réunion sous l'autorité d'Emmanuel Macron, et rassemblera une petite dizaine de ministres, qui ne seront pas toujours les mêmes au fil de l'année, ainsi que d'autres membres de l'administration étatique. Le but de ces réunions sera de fixer des objectifs, «d'arbitrer des décisions concrètes et chaque ministre devra y rendre des comptes», a récemment assuré François de Rugy, ministre de l'Écologie, au Parisien. L'idée étant notamment de progresser dans la diminution des gaz à effet de serre pour respecter les accords de Paris fixés en 2016, alors qu'Emmanuel Macron est régulièrement critiqué pour son manque d'action sur le dossier de l'écologie. Autre mission fixée par la feuille de route présidentielle : «la préservation de la biodiversité et (la) protection des milieux et ressources naturels». Si ces réunions auront lieu «régulièrement», on ne sait pas encore si elles seront mensuelles ou plus espacées dans le temps.

Une pure stratégie électorale ? 

Certains opposants au parti présidentiel ont grincé des dents à l'annonce de la première réunion de ce CDE. Yannick Jadot, tête de liste Europe Écologie-Les Verts pour les élections européennes du 26 mai, estime en effet que celle-ci tombe à pic pour lui voler des voix. Il est vrai que la première réunion intervient trois jours seulement avec le scrutin. «La stratégie c’est de ratisser le vote écolo, pas de sauver le climat», a ainsi regretté le candidat. 

DES CITOYENS TIRÉS AU SORT 

En parallèle de ces réunions, une assemblée de 150 citoyens tirés au sort sera mise en place d'ici à la fin du mois de juin, et devra proposer des pistes pour mieux lutter contre le réchauffement climatique. Les sélectionnés se réuniront un week-end sur trois pendant six mois afin d'auditionner des experts sur les questions climatiques et de trouver les solutions les plus à même de répondre aux injonctions des accords de Paris.

Cependant, ils n'auront pas toute latitude dans leurs propositions. L'assemblée devra se mettre d'accord sur celles-ci par vote à la majorité absolue, et chaque dépense devra être couverte par une recette, afin de limiter le coût pour l'État. Mais si toutes les cases sont remplies, les propositions seront «soit directement mises en oeuvre, soit soumises au vote du Parlement, soit à celui du peuple par référendum». Une manière d'inclure un peu plus les citoyens dans le système décisionnel, sans complètement aller dans le sens des gilets jaunes, qui demandaient plutôt un référendum d'initiative citoyenne sur les grands dossiers. 

Un système réutilisé par la suite ?

François de Rugy a en effet assuré que ce système participatif était «un test grandeur nature pour le gouvernement». Car si c'est la première fois que les citoyens seront à ce point mis en avant dans le processus de décision politique, il se pourrait bien que cela devienne une habitude sur les grands sujets. La question de systématiser ce fonctionnement pourrait donc être soumise lors de l'écriture de la nouvelle loi constitutionnelle, l'un des grands chantiers souhaité par Emmanuel Macron depuis sa prise de fonction. 

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