Gratuité, transparence de la composition : Marlène Schiappa veut «lever le tabou» des protections hygiéniques

Une expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques doit notamment être étudiée par la sénatrice Patricia Schillinger. [KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

Comment en finir avec la précarité menstruelle ? C'est à cette question que doivent répondre les députées, sénatrices, ministres et entrepreneuses réunies autour de la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa ce mardi. Une expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques doit notamment être discutée.

Trois ans après les débats sur la « taxe tampon », se procurer des protections hygiéniques pose encore des difficultés économiques pour de nombreuses femmes en France. A l'occasion de la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle, la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes entend donc «lever le tabou».

En réunissant autour d'elle parlementaires et entrepreneuses, avec les secrétaires d'Etat Brune Poirson (Transition écologique), Christelle Dubos (Santé), Agnès Pannier-Runacher (Economie et Finances), Marlène Schiappa propose de mettre en commun les initiatives pour «convenir d'une stratégie commune» et améliorer notamment l'accès des femmes précaires à ces produits de première nécessité.  

Dans ce sens, une mission sur l'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques doit être confiée à la sénatrice Patricia Schillinger. La parlementaire alsacienne, aide-soignante de formation, avait d'ailleurs présenté au Sénat un amendement, proposant d'expérimenter la distribution gratuite de protections hygièniques pour les femmes en situation précaire dans les écoles, hôpitaux ou prisons.

Une initiative qui semble tout droit inspirée de l'Ecosse. Ce pays permet, depuis août dernier, aux jeunes filles les plus démunies d'avoir accès à des tampons et serviettes gratuitement dans leurs établissements scolaires.

Des substances toxiques redoutées

La gratuité oui, mais la santé aussi. Dioxines, polluants dangereux, traces de glyphosates : en juillet 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dressait la liste des composants chimiques « préoccupants » présents dans les protections intimes.

Si l'agence a finalement désigné ces produits sans risques dans un rapport de 2018, un nombre croissant de femmes renoncent désormais à utiliser tampons et serviettes, d'abord par souci écologique mais aussi par peur des risques. La secrétaire d'Etat a annoncé vouloir améliorer la transparence sur la composition et l'information des consommatrices.

Des moyens devraient également être discutés pour mieux soutenir l'action des associations de lutte contre la précarité et l'accessibilité des produits menstruels dans le milieu carcéral et les centres d'accueil des femmes sans-abri. 

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