ArcelorMittal, Whirlpool, Ford... les faillites qui ont marqué la France ces dernières années

La fermeture des hauts-fourneaux de Florange (Moselle) avait marqué la présidence de François Hollande. [FREDERICK FLORIN / AFP].

Les salariés de General Electric sont sous le choc. Le groupe américain a annoncé, mardi 28 mai, la suppression de 1.044 emplois sur ses sites de Belfort et de Bourgogne. Un accident industriel qui rappelle d'autres faillites et plans sociaux d'envergure, qui ont marqué la France au cours de la période récente.

L'usine whirlpool d'amiens délocalisée en pologne

Hasard du calendrier, l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme), l’un des hauts lieux, au second tour de la campagne présidentielle de 2017, du duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, s'est, elle aussi, invitée dans l'actualité de ces derniers jours.

Et pour cause : après l'annonce, en mai 2018, de la délocalisation du site en Pologne, l'usine, reprise entre-temps par un entrepreneur local, Nicolas Decayeux, a, ce mardi 28 mai 2019, été placée en redressement judiciaire.

Faute de débouchés commerciaux, l’entreprise, qui emploie toujours quelque 160 salariés en reconversion, sur les 278 initiaux, n’a plus assez de trésorerie après avoir dépensé les 2,5 millions d’euros apportés par l’Etat, les 7,4 millions d’euros par Whirlpool et les fonds propres amenés par l'entrepreneur picard.

Dans ces conditions, faute de commandes et de fonds, l'avenir de l'usine semble plus que jamais compromis.

ascoval en proie au doute par british steel

Le cas du groupe français Ascometal et de son aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) est également en ce moment au centre des attentions.

Après quatre années de bataille judiciaire, le tribunal de Strasbourg (Bas-Rhin) avait, au début du mois de mai, validé la reprise du site, qui emploie 270 salariés, par le Britannique British Steel.

Or, quinze jours plus tard, la chaîne d'information en continu britannique Sky News révèle que British Steel est en procédure d'insolvabilité, notamment en raison de difficultés liées au Brexit.

Aujourd'hui, le gouvernement français assure toutefois que l'aciérie de Saint-Saulve n'est pas concernée par la procédure de faillite de l'entreprise britannique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, certifiant même que «le projet est viable et l’aciérie d’Ascoval a un avenir».

De leur côté, les salariés ne sont pas pour autant rassurés et restent dans l'attente.

Ford Blanquefort : Chronique d'une mort annoncée à l'été

Après des mois, voire des années, d’incertitude et d’espoirs déçus, les salariés de l’usine Ford de Blanquefort (Gironde) sont, eux, désormais fixés sur leur sort : le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est homologué et la production du site sera définitivement arrêtée le 1er août prochain.

En 2018, ils étaient exactement 849 salariés pour une moyenne d’âge de 51 ans. Les ouvriers éligibles au départ en préretraite (le PSE permet de partir jusqu’à sept ans avant la retraite à taux plein, ndlr) ont maintenant jusqu’à fin du mois de juin pour adhérer au dispositif, et une dizaine d'autres ont trouvé du travail ailleurs.

Mais les autres, entre 400 et 550 personnes selon les syndicats, devraient être licenciés en septembre. L'ancien candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou (NPA) - lui-même ouvrier de l'usine - a toutefois, avec son syndicat (CGT), assigné FORD devant le tribunal pour abus de droit.

La décision est attendue d'ici au 14 juillet, sans grand espoir toutefois.

ArcelorMittal : retour sur la fermeture des emblématiques hauts-fourneaux

En décembre 2018, le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal annonce la fermeture définitive des emblématiques hauts-fourneaux de l’usine de Florange (Moselle), tout en promettant de continuer à développer la production sur ce site qui, en 2012, a été au centre d’un bras de fer politique et syndical, sous la présidence de François Hollande.

A l'époque, en 2012, ArcelorMittal avait annoncé sa décision d’arrêter les deux hauts-fourneaux produisant de l’acier brut à Florange, suscitant un tollé syndical et politique.

Fin novembre 2012, un compromis avait été conclu par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault au terme de plusieurs semaines de luttes entre ArcelorMittal et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, partisan d’une nationalisation temporaire du site de Florange pour le revendre à un repreneur.

L'accord trouvé entre les parties instaurait une période d’observation de six ans durant laquelle les hauts-fourneaux étaient «mis sous cocon», dans l’attente d’une décision sur une possible relance. Le groupe s’engageait à ne procéder à aucun licenciement et à investir 180 millions d’euros sur cinq ans.

ArcelorMittal assure avoir rempli ses engagements. Les 629 personnes concernées par les suppressions de postes ont été reclassées ou sont parties en retraite et plus de 300 millions d’euros ont été investis à ce jour. En 2018, le groupe a annoncé un investissement de 22 millions pour agrandir une ligne de galvanisation, après 67 millions l’année précédente, pour porter la capacité de production de 600.000 tonnes à 800.000 tonnes de produits d’acier par an. Quelque 2.000 personnes travaillent encore sur le site.

La bataille des «conti» de Clairoix

C'est peut-être l'une des plus grandes casses sociales de ces dernières années. Il y a dix ans, le 11 mars 2009, la firme allemande de pneumatiques Continental annoncait la fermeture de son usine de Clairoix (Oise), employant 1.113 salariés.

Un coup de massue pour les employés, leurs familles et les sous-traitants. 

Après sept ans et demi de lutte, la Cour de cassation, a, en 2016, condamné Continental à indemniser les salariés, les «Conti», à hauteur de 40.000 euros, en moyenne, et par personne.

Les cicatrices sont pourtant encore bien visibles et, aujourd'hui, près d’un ancien Conti sur deux est toujours inscrit à Pôle emploi lorsque 300 divorces ont été enregistrés.

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