Des poulets ramassés à la moissonneuse dans une nouvelle vidéo L214

L214 a encore frappé. Dans une vidéo publiée ce mercredi, l'association de lutte contre la maltraitance animale dévoile les coulisses de production des volailles de la marque Duc.

Si les images ne sont pas aussi cruelles et sanglantes que celles tournées par l'association dans plusieurs élevages de bétail, les conditions désastreuses dans lesquelles vivent ces poulets industriels suffisent à choquer.

L'enquête, relayée par France 3, a été menée en avril dernier dans deux élevages. Le premier, situé à Chailley, dans l'Yonne, est constitué de «quatre bâtiments sans fenêtres où sont entassés plus de 80.000 poulets certifiés (densité de 18 poulets par m2, abattage à l'âge de 56 jours)», affirme l'organisation. Dans le second, basé dans l'Aube, «40.000 poulets sont entassés dans deux bâtiments sans fenêtres, à 16 poulets par m2, sans accès à l'extérieur, puis abattus à l'âge de 43 jours».

La vidéo montre des volailles génétiquement sélectionnées pour grossir rapidement, en très mauvaise santé. Les poulets ont parfois la chair à vif, sont trop gros ou atrophiés pour se retourner, trop petits ou faibles pour boire dans l'abreuvoir, vivant au quotidien dans la poussière et les excréments (d'où des brûlures et des problèmes respiratoires), sans jamais voir la lumière du jour. Dans l'élevage d'Yonne, «les poulets sont ramassés par une machine, une sorte de moissonneuse à poulets», précise même l'enquête de L214. «Aspirés sur des tapis roulants, les poulets sont ensuite propulsés et entassés dans des caisses de transport. Lorsqu’elles sont surchargées, les employés attrapent les poulets par les pattes et les jettent brutalement à terre.»

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«Les éleveurs sont fatigués»

Sur son site internet, la marque Duc, qui abat plus de 500.000 volailles par semaine, assure pourtant veiller au respect et au bien-être des animaux. Contacté par Paris Match, le producteur renvoie vers l'Interprofession ANVOL, qui regroupe les acteurs du secteur volaille. «Les images sont choquantes et nous les condamnons», affirme sa directrice, Anne Richard. Qui précise toutefois qu'il s'agit d'une «énième vidéo diffusée par une association dont l’unique objectif est d’en finir avec la production de viande. Les éleveurs sont fatigués, ils n’en peuvent plus des intrusions. Ils se sentent accusés de choses qu’ils ne font pas au quotidien».

Un argumentaire auquel n'a pas manqué de répondre le cofondateur de L214, Sébastien Arsac, interrogé par France 3 : «Quand on voit l’enfer dans lequel vivent les poulets et la violence avec laquelle ils sont ramassés, c’est vraiment prendre les consommateurs pour des imbéciles. La vérité, c’est que les éleveurs sont intégrés dans un système qui considère les animaux comme de la viande sur pattes, un système d’élevage intensif qui ne s’intéresse qu’au nombre de kilos de poulet produit par m2.»

Aujourd'hui dans l'Hexagone, 91 % des citoyens se disent contre l'élevage intensif de poulets, dont 800 millions sont abattus chaque année sur le territoire. Et l'activisme coup de poing de L214 n'y est probablement pas étranger.

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