Crise aux urgences : des embauches supplémentaires annoncées pour tenter de calmer la grogne

Alors que les syndicats appellent à une grève générale des hôpitaux, le directeur de l’AP-HP Martin Hirsch a annoncé ce mardi que des «embauches supplémentaires» auraient lieu dans les prochaines semaines.

Selon lui, «pour la première fois, les effectifs d’infirmiers, d’aides-soignants et de médecins augmenteront parallèlement au nombre de patients». Il a également assuré que ces renforts ne seraient pas pris dans d’autres hôpitaux, mais des embauches sèches. L’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) serait toujours en phase de négociation pour valider définitivement cette mesure.

Par ailleurs, «il y a une difficulté en région parisienne pour pouvoir recruter parce qu’il y a moins de candidats aux postes que de postes ouverts», a indiqué Martin Hirsh, sur France Info.

soignants et services à bout de souffle

Cette annonce intervient en réponse à un mouvement de grève générale, appelé par une intersyndicale, pour protester contre une multitude de problèmes. Alors que le nombre d’admissions aux urgences a doublé en dix ans (21 millions en 2016), les moyens mis à disposition du personnel médical n’a pas suivi. Résultat : une attente interminable pour les patients, un engorgement des services, des agressions en augmentation (3 486 recensées en 2017), qui conduisent au burn out et même aux suicides de soignants.

Depuis trois mois, les actions se multiplient donc. De symboliques, comme l’affichage de banderoles dans les services, elles sont dernièrement devenues effectives, avec de nombreux arrêts maladies déposés pour arrêter de travailler et ne pas pouvoir se faire réquisitionner.

Ce à quoi le directeur général de l’AP-HP a répondu, en indiquant que des contrôles sont appliqués pour constater la véracité de ces arrêts. «Vous n’avez pas besoin de prendre des formes qui ne sont pas des formes classiques de grève pour qu’on vous entende», s’est-il adressé aux soignants.

le gouvernement va défendre son projet de loi santé

Ces derniers réclament la création de 10 000 postes pour les urgences, une hausse des rémunérations de 300 euros nets mensuels, ou encore l’arrêt des fermetures de lits (objectif «zéro brancard dans les couloirs» cet été). La ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui doit défendre ce mardi son projet de loi controversé «Ma santé 2022» devant l’Assemblée nationale, a, comme Martin Hirsch, effectué une première tentative pour endiguer la grogne, en s’engageant à inciter les hôpitaux à débloquer plus souvent la prime de risque existante pour le personnel hospitalier, s’établissant à 97,69 euros bruts par mois.

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