Notre-Dame reprend vie

Le quartier de la cathédrale compte sur la réouverture du parvis pour retrouver de l’attractivité.[Bertrand GUAY / AFP]

Deux mois après le terrible incendie qui l’a en partie détruite, la cathédrale et ses alentours renaissent peu à peu.

C’était il y a deux mois. Le 15 avril dernier, la flèche surplombant Notre-Dame-de-Paris s’effondrait dans le brasier qui ravageait la cathédrale. Passées les vagues d’émotion et de solidarité, passées les propositions plus ou moins sérieuses pour la rebâtir, le diocèse de Paris entend désormais regarder devant soi. Il va ainsi faire célébrer, samedi, une messe dans l’édifice, où une vingtaine de personnes (prêtres et chanoines) seront présentes. Un rendez-vous symbolique, qui sonne comme un point de départ à la renaissance du célèbre monument.

Un dynamisme à retrouver

Cette messe tant attendue devrait permettre à Notre-Dame de reprendre sa place dans la vie des fidèles, mais aussi de tous les Parisiens. Le quartier,  particulièrement marqué par le sinistre dont a été victime son édifice phare, espère ainsi retrouver son dynamisme. La réouverture à venir d’une partie du parvis de la cathédrale devrait également y contribuer. Jusque-là entouré de barrières qui bloquaient son accès, comme c’est également le cas pour les rues entourant le bâtiment, il devrait bientôt accueillir un lieu de recueillement, dédié à la Vierge Marie et ouvert à chacun.

Pour cela, les autorités devront au préalable donner leur accord à la réouverture du parvis, après l’opération de décontamination au plomb qui a eu lieu cette semaine. Mais la préfecture de police, le maire du 4e arrondissement de Paris et le diocèse se montrent très confiants. «Notre-Dame est un lieu qui faisait vivre le quartier, nous n’avons pas envie que l’incendie arrête les visites et les pèlerinages», détaille André Finot, chargé de communication de la cathédrale. «Il ne faut pas oublier qu’elle n’a jamais quitté les lieux, que sa façade est toujours là et que la majeure partie du bâtiment est encore debout».

De quoi rassurer les commerçants des alentours sur sa capacité à retrouver son attrait, quand certains estiment avoir perdu jusqu’à 80 % de chiffre d’affaires. Alors que l’été arrive, avec son flot de touristes, ce dynamisme retrouvé du quartier permettrait aux terrasses et aux boutiques de souvenirs de refaire le plein.

Une reconstruction en débat

Si le quartier de Notre-Dame se redresse peu à peu, le chantier de reconstruction de l’édifice reste titanesque. Alors que de nombreuses voix ont jugé le souhait d’Emmanuel Macron de reconstruire en cinq ans un peu trop optimiste, Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques, en charge de la restauration, a reconnu dans Le Figaro que tout est faisable «si l’on travaille avec méthode».

Mais les nombreuses autres interventions nécessaires dans le reste de la cathédrale entraîneront «une dynamique de travaux qui dureront bien au-delà des cinq ans», selon lui. Le ministre de la Culture Franck Riester, a récemment abondé dans ce sens, indiquant ne «pas calculer à un jour près». Tandis que l’adoption du projet de loi pour la reconstruction de Notre-Dame se fait plus longue que prévue au Parlement, des questions restent en outre en suspens. Quand les investigations s’arrêteront-elles, pour laisser place aux ouvriers ? Quelle forme prendra la nouvelle flèche ? Quel budget sera nécessaire, par rapport aux 850 millions d’euros promis ? Le dossier est loin d’être bouclé.

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