Paris : le harceleur filmé en train de se masturber dans le métro condamné à huit mois de prison avec sursis

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Sur Twitter, Safiétou avait demandé aux femmes de dénoncer et de montrer le visage de leurs agresseurs afin de les empêcher de sévir. [Capture d'écran]

En décembre dernier, Safiétou, une jeune femme de 20 ans, avait eu le courage de filmer un homme qui s'était masturbé devant elle dans le métro parisien et qui l'avait poursuivie, avant de publier la vidéo sur les réseaux sociaux. Le harceleur, un homme de 47 ans originaire du Bangladesh du nom de Munir, a été condamné à huit mois de prison avec sursis ce lundi 17 juin.

Il a été déclaré coupable d' «exhibition sexuelle» et d' «outrage sexiste», une infraction introduite par la loi Schiappa contre les violences sexistes et sexuelles, entrée en vigueur en août 2018. Sa peine de prison avec sursis est assortie d'une mise à l'épreuve et d'une amende de 500 euros pour le préjudice moral. L'homme, qui travaille dans un restaurant McDonald's, a également une obligation de soins, y compris psychologiques.

Cette affaire avait commencé avec une vidéo de l'agression partagée sur Twitter, le 12 décembre dernier. «Voici mon quotidien dans les transports en commun», avait commenté Safiétou, en légende de la vidéo. «Il ne se passe pas une semaine sans que ceci ne m'arrive», avait-elle ajouté. Sauf que ce jour-là, vers 18 heures, elle s'était armée de son courage et de son téléphone pour dénoncer son harcèlement. 

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Avant de commencer à filmer, elle était montée à la station Fort d'Aubervilliers sur la ligne 7. Quelques arrêts plus tard, la vidéo commence avec un gros plan sur le pantalon de l'homme. Il est assis sur le siège d'en face et on distingue clairement qu'il est en train de se masturber à travers ses vêtements en lançant des «Vous êtes magnifique» à sa victime. 

«J’ai tout de suite vu à son regard insistant et pervers qu’il n’allait pas me lâcher, avait-elle témoigné auprès de 20 Minutes. Je l’ai compris avant même qu’il ne commence à se toucher.»

LA RATP avait APPELé A PORTER PLAINTE

Safiétou avait changé de rame et filmé son agresseur, qui l'avait dévisagée en se léchant les lèvres. L'étudiante en langues étrangères avait filmé discrètement le prédateur, qui ne cessait de la poursuivre partout où elle prenait place dans le métro et l'invitait même à venir boire un verre. Une invitation qu'elle avait déclinée le plus calmement possible.  

A la fin de son message, elle avait interpellé le service client de la RATP, en espérant que la société agisse pour stopper ce genre de personnes. La RATP avait répondu le lendemain en condamnant «cet acte inacceptable» et avait assuré avoir pris contact avec la victime pour l'inviter à porter plainte auprès des forces de l'ordre, ce qu'elle avait fait. 

Sur Twitter, Safiétou avait demandé aux femmes de dénoncer et de montrer le visage de leurs agresseurs afin de les empêcher de sévir. Les témoignages de victimes d'agressions sexuelles ou morales dans les transports en commun parisiens s'étaient alors multipliés. Une autre femme, Hortense, était tombée sur la vidéo de Safiétou, et avait elle aussi porté plainte contre le même harceleur, qui se serait également masturbé devant elle. C'est donc devant les deux femmes qu'il comparaissait ce lundi 17 juin.

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