Un jihadiste et ses deux épouses, expulsés de Turquie, mis en examen à leur arrivée à Paris

GIUSEPPE CACACE / AFP A leur arrivée sur le sol français, les enfants ont été immédiatement placés par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du département.

Un jihadiste et ses deux compagnes soupçonnés d'avoir séjourné en Syrie ont été mis en examen à Paris par un juge antiterroriste, quelques jours après leur transfert depuis la Turquie avec leurs neuf enfants mineurs et leur remise mardi aux autorités françaises.

Les trois adultes, un homme de 35 ans et deux femmes dont l'une de 36 ans, sont suspectés d'avoir séjourné courant 2013 et 2014 en Syrie dans les territoires occupés par les organisations jihadistes.

Placés en garde à vue mardi à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à leur arrivée en France, ils ont été présentés en fin de semaine à un magistrat instructeur qui les a mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», selon la source judiciaire. L'homme a été placé en détention provisoire et les deux femmes ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire.

A leur arrivée sur le sol français, les enfants ont été immédiatement placés par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du département.

277 revenants

Cette opération de transfert, distincte des rapatriements au cas par cas d'enfants en provenance du Kurdistan syrien, s'inscrit dans le cadre des expulsions régulières des jihadistes par la Turquie. Fin mai 2019, les autorités françaises avaient enregistré le retour de 277 revenants.

L'homme, les deux femmes et les neuf enfants étaient dans un centre de rétention en Turquie avant d'être expulsés, selon une source proche du dossier. L'homme et la femme de 36 ans étaient partis rejoindre la Syrie avec leurs premiers enfants, tandis que d'autres sont nés sur place. L'homme a également eu des enfants avec la deuxième femme, elle-même venue sur zone avec un enfant d'une précédente union.

Une «quarantaine» d'enfants sont actuellement suivis par les services de la protection de l'enfance dans le département de Seine-Saint-Denis, dont dépend l'aéroport de Roissy par lequel se font la majorité de ces retours.

Lundi, douze enfants de jihadistes français, dont dix orphelins, qui étaient retenus dans des camps de déplacés du nord-est de la Syrie, ont été rapatriés à Paris, dans le cadre de la politique de rapatriements humanitaires au cas par cas voulue par le gouvernement français.

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