Magistrate agressée : ce que l'on sait

Un important dispositif de recherches a été mis en place pour retrouver les auteurs.[©GERARD JULIEN / AFP]

Une présidente de la cour d'assises des Yvelines, Magali Tabareau, a été agressée par deux hommes, lundi 17 juin, alors qu'elle se trouvait à son domicile. Blessée au visage par une arme de défense, la victime a été transportée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Un important dispositif de recherches a été mis en place pour retrouver les auteurs.

Les circonstances de l’agression

Les faits ont eu lieu aux alentours de 9h30, ce lundi matin, alors la magistrate de 54 ans sortait de son domicile de Nezel, une petite commune du nord de ce département. Déguisés en livreurs, les deux agresseurs ont visé son visage avec une arme de défense.

«Deux individus casqués et circulant à bord d'une moto se sont présentés à son domicile et ont sonné à l'interphone. Ayant ouvert une fenêtre, la victime a alors essuyé un tir d'arme de poing à ce jour non identifiée, dirigé vers son visage», selon un communiqué du parquet de Versailles lundi soir.

Selon une source proche du dossier, il s’agit d’un tir de LBD. Transportée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, la victime souffre de «plusieurs fractures du visage», mais son pronostic vital n'est pas engagé.

Une enquête en cours

Si les raisons de cette agression restent encore obscures, il semble que les agresseurs «ne sont pas venus là par hasard», a déclaré une source proche de l'enquête, laissant entendre que la victime avait été visée en raison de sa profession.

Et ce n’est pas la première fois. Magali Tabareau avait été menacée il y a quatre ans dans le cadre de son activité professionnelle et également suivie à son domicile, rapporte France Info.

Alors que les suspects sont toujours en fuite, un important dispositif de recherche a été mis en place par les gendarmes de la section de recherche de Versailles, à qui une enquête pour «tentative d'assassinat» a été confiée.

Une vague de réactions

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a réagi sur Twitter, disant apprendre «avec indignation et émotion l'agression de la présidente de la cour d'assises de Versailles.»

«Toutes les forces de l'ordre sont mobilisées pour retrouver les auteurs», a-t-elle affirmé, exprimant son soutien à la magistrate, à sa famille et à la communauté judiciaire de Versailles.

L'ordre des avocats de Paris a exprimé lui aussi sur le réseau social «toute son indignation», se disant «totalement solidaire de la communauté judiciaire qui est désormais trop souvent la proie de menaces et violences.»

Pour Vincent Charmoillaux, secrétaire général du syndicat de la magistrature (SM), «c'est quelque chose d'extrêmement rare, extrêmement grave et qui est une vraie transgression».

qui est Magali Tabareau

Après avoir été vice-présidente du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, la magistrate, qui a aujourd’hui plus de 25 ans de carrière, a été nommée à Versailles en août 2015. Une semaine avant son agression, elle présidait à Nanterre un procès à la cour d'assises des mineurs.

Ces derniers mois, elle a notamment mené les débats au procès d'un animateur accusé de viols et d'agressions sur des enfants, ainsi qu'à celui d'un homme accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme.

Avant de présider les assises, Magali Tabareau a travaillé en tant que membre du parquet puis elle a exercé, pendant plus d'une décennie, en tant que juge d'instruction, à Pontoise et Versailles.

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