Qui est Taha Bouhafs, le journaliste à l'origine de l'affaire Benalla et dont le téléphone vient d'être confisqué ?

La vidéo à l'origine de «l'affaire Benalla», a été filmée par le journaliste de 22 ans Taha Bouhafs.[©Capture d'écran Twitter]

Connu pour avoir filmé Alexandre Benalla, l’ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, en train de violenter un couple place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai dernier, Taha Bouhafs s’est vu confisquer son téléphone par le parquet après avoir été interpellé ce mardi lors d’une manifestation de soutien à des travailleurs sans-papiers à Alfortville (Val-de-Marne).

«Outre des blessures plus superficielles, les violences causées par les fonctionnaires de police au cours de l'interpellation ont causé un déboîtement de l'épaule gauche de Monsieur Bouhafs», a précisé son avocat, Me Arié Alimi. Ce dernier s'est aussi insurgé contre la mise sous scellé du téléphone portable avec lequel son client a filmé son arrestation. Le même, ayant servi à filmer Alexandre Benalla.

Un jeune militant de la France insoumise

Tout a commencé le 1er mai dernier 2018 dans le 5e arrondissement de Paris. Un homme casqué, mais sans uniforme, est en train de donner des coups de matraque à deux manifestants, dont un jeune homme à terre. Une scène qui est devenue virale quand Le Monde a révélé que l’auteur des faits n'était autre qu'Alexande Benalla, le chef de la sécurité de l'Elysée.

Cette vidéo, à l'origine de ce que l’on appelle désormais «l'affaire Benalla», a été filmée par le journaliste de 22 ans Taha Bouhafs. Jeune militant de la France Insoumise (LFI), il est né en Algérie et a grandi à Echirolles (Isère).

Déjà connu au niveau local pour s'être porté candidat aux législatives dans la 2ème circonscription grenobloise en juin 2017, à seulement 20 ans, Taha Bouhafs est désormais journaliste à Là-bas si j’y suis, où il officie depuis trois mois comme reporter.

 

Il est de tous les mouvements sociaux

Des gilets jaunes aux révoltes étudiantes, Taha Bouhafs – qui a fait des violences policières son sujet de prédilection – n’est jamais loin. Pourtant, ce n'était pas sa première vocation. «Le journalisme ce n’était pas du tout prévu. T’en connais beaucoup des mecs qui n’ont pas le bac dans les rédactions ? Mon ambition, c’était de ranger des surgelés à Carrefour. Chez moi, quand quelqu’un se faisait embaucher aux espaces verts de la mairie, on faisait une fête !», avait-il déclaré au magazine urbain Street Press.

Sur Paris, il s'était fait remarquer sur les réseaux sociaux en dénonçant notamment l'évacuation de la faculté de Tolbiac par les CRS, lors des manifestations étudiantes en avril dernier. «Mon taf, c’est de raconter l’instant de ce conflit. C’est ma pratique. C’est un truc de tous les instants.», a-t-il confié récemment aux Inrocks. Deux jours après son arrestation à Alfortville, l’Isérois, qui se rêvait à la base «youtubeur chicha», est de retour sur Twitter, sans grands discours cette fois-ci.

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