25.000 ponts dangereux en France : le Sénat tire la sonnette d'alarme

Un enjeu de sécurité. Dans un rapport rendu public ce jeudi, des parlementaires s'alarment de la vétusté d'«au moins 25.000 ponts» routiers en France et appellent à une vaste entreprise de rénovation d'ici à dix ans.

«Mauvais état structurel», «problèmes de sécurité», «de disponibilité pour les usagers»... De nombreuses failles des infrastructures en question sont pointées du doigt par la mission d'information sur la sécurité des ponts, créée par dix sénateurs après l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, en Italie, qui avait fait 43 morts en août 2018.

Parmi les ouvrages problématiques, 7% sont gérés par l'Etat, 8,5% par des départements, et «probablement 18 à 20% [...] aux communes et intercommunalités», selon le rapport. A ce titre, les sénateurs s'étonnent d'ailleurs de l'«absence d'un recensement exhaustif des ponts gérés par les collectivités territoriales» : «le nombre exact de ponts routiers en France n'est pas connu!» Il y en aurait entre 200.000 et 250.000, selon les estimations.

La dégradation de l'état des ponts, qui «a fortement augmenté sur les dix dernières années», s'explique par le vieillissement des ouvrages construits dans l'après-guerre – un pont ayant une durée de vie d'environ 70 ans – et «un sous-investissement chronique dans l'entretien du patrimoine», selon le sénateur centriste de l'Eure, Hervé Maurey, président de la mission d'information. Parmi les facteurs aggravants, il cite le réchauffement climatique et l'envoi par les GPS de véhicules trop lourds sur des ouvrages qui n'ont pas été conçus pour supporter de telles charges.

Un «plan Marshall» réclamé

Les sénateurs estiment donc «urgent» de «mettre en place un 'plan Marshall' pour les ponts», assurant qu'aujourd'hui «on n'a pas les moyens humains, on n'a pas les moyens techniques, et encore moins les moyens financiers» d'entretenir ce patrimoine. Ils demandent donc de porter le montant des moyens consacrés par l'Etat à l'entretien de ses ouvrages d'art à 120 millions d'euros par an dès 2020 (contre 45 millions en moyenne ces dernières années) et à créer un fonds d'aide aux collectivités locales, qui serait doté de 130 millions d'euros par an pendant dix ans – soit 1,3 milliard d'euros au total – en utilisant l'enveloppe jusqu'à présent dédiée à la mise en sécurité des tunnels (qui prendra fin en 2021).

L'objectif : réaliser un diagnostic de l'ensemble des ponts du pays, et rénover ceux qui sont en mauvais état. Au risque, sinon, de faire prendre des risques inutiles à la population, prévient Hervé Maurey : «Si le gouvernement ne fait rien, il s'expose, et surtout il expose les Françaises et les Français.»

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